DE L'ESPRIT NOUVEAU ET DE LA MÉTHODE SCJENTlFIQUE 5Ù genre: il suffit, croyons-nous, de faire remarquer que les religions sont toutes considérées et démontrées aujourd·hui comme anthropomorphiques: celq seul prouve la matérialisation implicite du monde des Dieux et des Esprits. Ce n'est .que par des efforts de subtilités métaphysiques que les modernes ont essayé d'échapper à cette conclusion; car ils ne peuvent éviter d'aboutir à faire des Entités aux dépens de leurs abstractions. Tout ceci peut paraître bien superflu à un esprit scientifique, mais, hélas! le nombre est bien plus grand qu'on ne pense en général, de ces esprits scolastiques, métaphysiques, désorientés, et totalement étrangers au milieu de nos spéculations scientifiques. Nous savons par expérience que là est le nœud de la question philosophique de l'avenir et nous avons la conviction qu'on ne saurait trop répéter ces sortes de démonstrations pour arriver à conquérir aux doctrines nouvelles les esprits ensablés dans la routine et la foi sur simple affirmation. Q\.1e d'exemples cependant nous pourrions donner pour établir que continuellement nous pensons, agissons, jugeons dans le domaine mental ou moral tout comme si ,nous y admettions le règne du _Déterminisme. C'est que l'instinct, le sentiment de la Réalité l'emporte toujours, da11sla pratique spontanée de 1:-t vie, sur les spéculations de notre intelligence. Ce n'est ni la théologie, ni la science qui nous gouvernent, c'est notre sentiment des choses, c'est la conviction, la certitude que nous nous faisons conformément à l'état de notre esprit ; c'est, en un mot, l'instinct porté dans les sphères de lïntelligence. C'est ainsi que nous attachons de l'importance à la connaissance du caractère de quelqu'un parce que, implicitement et inconsciemment, nous avonsfoi en une certaine dépendance entre les actes et le caractère. Il en est de même de l'importance que nous attachons à l'hérédité ou à la première éducation (tel père, tel.fils) ainsi qu'à la fréquentation habituelle : ('lJis-111oqi1ti tn hantes et je te dirai qui tu es.) Nous pourrions ainsi établir par un grand nombre d'observations courantes qu'en réalité la notion du Déterminisme moral existe implicitement dans tous les esprits ·et qu'elle n'y est que masquée par les idées routinières qui nous viennent de l'hérédité, de l'éducation ou du milieu intellectuel où nous vivons, sans nous donner la peine de les vérifier nous-mêmes. Nous retrouvons donc encore sur le Déterminisme dans le monde mental cette prescience de l'instinct des masses que nous verrons à chaque instant, dans nos études de morale et de sociologie, précéder la véritable science, absolument comme l'histoire nous montre que l'instinct a guidé l'homme et les animaux dans les règles les plus élémentaires d'hygiène avant que les hygiénistes fussent venus embrigader notre conduite physique dans le cercle constricteur de leurs préceptes bienfaisants: tant il est vrai que c'est la Nature elle-même
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