REVl'E DES LIVRES 635 tion <le l'étalon d'or par l'Allemagne, deux moyens qui ont subitement diminué la quantité <le ce médiocre circulant, constituent pour lui, en effet, une calamité universelle et la· cause déterminante des perturbations qui ont affecté si vivement le monde des échanges. La raréfaction du numéraire a amené avec elle, nous dit-il, la baisse des prix, partant un accroissement de charges pour les débiteurs; la st~gnation dans les affaires, car l'esp1·it d'entreprise est paralysé par la crainte que la baisse des prix allant en augmentant l'entreprise ne suit au bout en déficit; l'impôt, la rente, la dette hypothécaire, les charges générales sont accrues, par suite de l'augmentation du prix du numéraire manquant, qui se traduit par une baisse générale du prix ùes marchandises. La crise que nous traversons à cette heure et qui remonte à 1873, n'a pas d'autre cause que la contraction monétaire surrenue à cette date à la suite de la démonétisation de l'argent par l'Allemagne et de la suspension de la frappe: libre de ce métal. Il nie que la cause de cette crise soit la surproduction génél'ale, et à l'appui de son opinion, il entasse des monceaux de chiffres et de statistiques. En ce qui touche la dépression commerciale dont il fixe la date initiale à 18î3, les chiffres de M. Augustin Sauerbeck (Pl"ices of commodities and the p1·ecious metals, London, Standfortl, 1886), auraient besoin peut-être d'être contrôlés. La statistique se prête à tant de con l'enances di,·erses ! En l'absence du moyen de contrôle qui nous fait défaut pour l'instant, il n'est pas difficile de montrer que ces chiffres n'ont pas le caractère de démonstration péremptoire que M. de Lareleye leur attache. M. Sauerbeck à clil'isé, en effet, la période 1848-1886 en trois périodes: 1848-1850 à 1859-1861; 1859-1861 à 18î2-1874; 18î2-1874 à 1883-1885. Puis il a calculé pour chacune de ces périodes l'augmentation de la production des principaux produits, et voici les conclusions auxquelles il aboutit: De 1848-1830 à 1850-1861, la production à augmenté de 30 % ou de 2.'7 par an; De 1859-1861 à 1872-1874, la production a augmenté de 27 % on de 2.8 par an.- Ce qui donne, pour la période totale 1848-1850 à 1872-1874, date initiale de la baisse des prix, une augmentation annuelle de 2 3/4 % . Au contr~ire, de 1872-1874 à 1883-1885 la produ,~tion n'a augmenté que d.e 17 ½ % ou de 1.6 par an. Or, avec un accroissement rle production moyen de 2 3/4 % par an, les prix ont augmenté, tandis qu'au cours de la pé.l'iode où l'accroissement moyen de la prôduction n'a été que de 1.6 % par an, les prix ont baissés. M. de Laveleye conclut que « la théorie de la surproduction est ruinée dans son fondement et sans rémissi,)n > par ces chiffres (p. 96) et que c tant qu'on n'aura pas réfuté les démonstrations de M. Sanerbeck, on pourra dire que pour tout esprit non prévenu, la théorie de la surproduction est définitivement convaincue d'erreur. > Je veux bien admettre l'authenticité des résultats obtenus par M. Sauerbeck dans ses calculs relatifs à l'accroissP-ment de la production. Mais encore con\'iendrait-il de tenir compte des crises qui se sont produites au cours de périodes de prospérité, et c'est ce que M. Sauer bec!',
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