ô31 LA REVUE SOCIALISTE qu, que pour deux motifs: le p1·emier qu'il ne peut servir à 11ayer les ét1·angers; le second que l'Etat peut l'augmente1· à volonté, et qu'en tout cas, il lui est difficile d'en maintenù· l'émission au nive11uclu besoin. " - Chapitre XXII, pages 109 et 110, il se borne à montrer, par· le tableau des billets de banque en circulation à deux dates différentes, et les affaires de Clearine House, en 1873 et 1886, que les instruments de crédit, au lieu de s'accroitre pour parer à la raréfaction monétaire, ont diminué. Il eût été intéressant de nous dire pourquoi, et surtout de ne pas passer si légèrement sur la substitution légale du papier-monnaie au médium monétaire trop rare. Car, enfin, les deux objections opposées au papier-monnaie sont bien fragiles. 1° Le papier ne peut servir dpayer les étrangers. - Sans doute, comme l'argent, qui n'a pouvoir libératoire que dans les pays de l'Cnion latine. Mais il suffirait d'une convention internationale, pour supprimer cet incon- \'énient et résoudre la difficulté. Que les pays affectés par la contraction monétaire à laquelle M. de Laveleye attribue des conséquences si désastreuses conviennent d'instituer un papier-monnaie international, ayant cours forcé dans tous les pays contractants, comme l'argent a cours forcé dans les pays de la convention latine, et le grand obstacle à la création du papier-monnaie disparait. M. de Laveleye vouclrait provoquer cette con- ,·ention internationale pour l'argent, dont la production incertaine peut, dans un temps plus ou moins éloigné, venir perturber le marché monétaire, même après son adoption par les grandes puissances commerciales. Il serait à la fois plus simple, et plus économique, en même temps que plus sûr, de créer, de toute pièce, un médium d'échange, dont l'émisi,,ion serait réglée par la convention sur des bases à déterminer selon les besoins de la circulation. 2° Car la difficulté signalée par Laveleye que l'Etat peut augmenter à volonté, et qu'en tout cas, il lui e::;dt ifficile cle maintenir l't!mission, exactement au nioeau du besoin, serait résolue par la convention internationale, fixant pour chaque Etat, comme on l'a fait dans les pays de l'Union monétaire, la quanti té de signes à fabriquer. Il serait relati rement aisé de déterminer la proportion par Etat et par· rapport aux besoins de la circulation générale. On agirait avec prudence; on fixerait une émission dans les limites minima des besoins, et l'expérience apprendrait bien vite, par le mouvement de l'or et du papier-monnaie, les besoins du commerce et la quantité de signe.; monétaires nécessaires, pour maintenir la circulation à son niveau normal. On aurait peu à redouter, d'ailleurs, selon la thèse de M. de Laveleye, les inconvénients d'une circulation trop abondante, puisquïls auraient simplement pour résultat de concurrencer le papier de banque qui coûte, par un signe monétaire gratuit, et de provoquer une hausse générale de prix. • Encore une fois, nous regrettons que le savant écrivain soit passé à coté de cette question si intéressante sans l'analyser et tenter de la résoudre autrement que dans le passage cité plus haut, où les arguments inroqués contre le papier-monnaie sont si facilement réfutables. C'est d'autant plus à regretter, que la création du papier-monnaie semble répondre à toutes les inquiétudes économiques manifestées par M. de Laveleye. La suppression de la frappe libre de l'argent et l'adop-
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