i:--nLE ACOLLAS 595 par lui, et tenu à Genève en 1867, ces paroles bonnes à rappeler : << Nous sommes venus attester l'idée républicaine, la discuter, cher- -cher à la faire triompher. Pour nous, la République est la première des conditions sociales. C'est le fondement indispensable de la paix. C'est la base sans laquelle il n'y a pas de nation libre ... » Condamné à un an de prison à son retour, il en profita pour -écrire un livre su})erbe : la Philosophie de la Science Politique. Dans cette œuvre qui restera, il préconisait la liberté des peu pies -d'abord, la confédération des nations ensuite, l'une, selon lui, découlant logiquement de l'autre et ayant toutes deux leur aboutissant dans la république sociale universelle : << Lorsque la suppression des intérêts dynastiques aura rendu toutes les nations maitresses d'elles-mêmes; lorsque la production et l'échange se seront organisés sous une loi gènérale de liberté ; lors- -qu'une nouvelle conscience, à vrai dire la plus ancienne de toutes, la seule permanente, la se11le dont les progrès soient constants, malgré ses obscurcissements séculaires et ses engourdissements accidentels, lorsque la conscience humaine aura vaincu, la solidarité des individus et des peuples passera de l'ordre de la foi dans celui des faits et deviendra le fondement de l'harmonie universelle. » Et, quelques pages plus loin, cherchant dans le passé le secret de -demain, Acollas dit avec non moins de force: << Le dix-huitième siècle et la Révolution française ouvrent en tout ordre l'ère du Droit: les peuples comme les individus sont libres, égaux et frères. << Les traités répètent l'immortelle devise. << Mais Bonaparte survient; cet homme funeste retourne de deux mille ans en arrière. Il veut refaire l'Antiquité. << Un seul empire et le genre humain sous un seul joug! « Comme Bonaparte, les traités reculent de deux mille ans ; l'absorption des peuples recommence. « Cependant, l'Europe se lasse ; elle renverse le dernier empire .antique et restaure, ou à peu près, la politique d'équilibre. « Puis, l'équilibre est rompu encore une fois - c'est le choc en retour; - un nouvel Empire s'élève ... A moins que l'heure du suprême affaissement n'ait sonné pour notre Europe, il aura le même -destin que le premier. » Il faut, dit Paul Degouy, dans la justice; il faut lire tout entière, la Déclaration des Droits de l'homme co111mentés, qui fait suite à la Science politique.li faut admirer, avec Acollas, ce caractère exceptionnel, merveilleux que présente le Droit de la Révolution : « Pour la première fois,
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