G96 LA REVUE SOCIALISTE dit-il, le législateur n'eut d'autre pensée que de trouver la formule dujuste. << Il faut l'entendre ensuite parler encore des Codes napoléoniens réagissant contre le Droit de la Révolution en flagrant désaccord avec l'état de nos besoins, de nos idées, de notre société, appelant tous une refonte ... « II faut enfin écouter Acollas nous enseignant la vraie Justice la Justice positive et agissante, vraiment vivante, vraiment humaine ... Qui s'enferme dans la Justice, même morale, n'atteindra jamais jusqu'aux sommets de la Justice, s'il n'aime les autres. » Sans être complètement socialiste, Emile Acollas, tenta lui aussi. de réconcilier l'individualisme et le solidarisme, la liberté et lajustice. Selon lui, la morale est la science des droits et des devoirs de l'homme, elle a pour formule: Soit libre, respecte la liberté des autres, aime les autres. Puis après avoir rejeté toutes les vieilles religions, il combat vigoureusement la famille autoritaire et il conclut comme suit sur ce point: << L'association de l'homme et de la femme doit être fondée sur le sentiment moral de l'amour et souniise à la double loi de la liberté et de l'égalité. L'amour est la convenance intime et par conséquent la plus complète possible entre deux individus de sexes différents. Le mariage n'est pas un contrat, car la personne humaine ne saurait être l'objet d'un droit (observation profonde) il est autre chose ; cette autre chose domine le contrat de toute la supériorité de la morale pure sur la loi civile. Dans une société vraiment républicaine (et égalitaire) on reconnaitra à l'enfant son droit d'être élevé à la qualité d'homme, à l'exercice des droits que cette qualité confère et à la pratique des devoirs qu'elle impose. l> Emile Accollas avait trop fréquenté le Droit bourgeois, pour ne pas fonder l'organisation économique sur la propriété individuel!e, m;1is cette dernière il l'idéalisait considérablement et ne la comprenait qu'universalisée; ce qui est utopique au premier chef. Voici, au reste. ses paroles: « C2!.1ant à nous, hommes de ce siècle qui en sommes encore à hésiter entre la Force antique et l'Idée du droit, nous n'avons point encore su restituer à la propriété sa vraie source, qui est le travail, et nous acceptons le salariat, ce mêlés de l'esclavage et de la liberté, ce vieux débris de la st,balternisation de l'homme à l'homme ! « Or, nous avons beau inscrire sur nos murs la liberté et l'égalité, nous ne les réaliserons ni l'une ni l'autre dans la cité, tant que nous n'y aurons pas réal_iséle droit pour tous à la propriété. »
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