LES NOUVEAUX: TAAIFS DOUANIERS 559 lations maritimes qui vivent de l::i.navigation seront atteintes dans leur existence, mais Je sort même de notre marine de guerre sera compromis. " Il nous reste à montrer ce que coûtera à la classe ouvrière le renchérissement des objets d'alimen talion et autres denrées de première nécessité. Le point de départ de la nouvelle politique douanière a été l'établissement de droits sur les céréales el le bétail, dans Je but de venir en aide à l'agriculture, qui traversait une période difficile. On disait en 188~ ce qu'on dit anjoul'd'hui, qu'il fallait bien se garder de faire hausser les prix, mais les empêcher de s'avilir; les protectionnistes se défendaient surtout de paraîlre imposer le pain, qui e3l la base de la nourriture des trois-quarts des français; M. Méline lui-même le déclarait dans un discours prononcé en Normandie. Qu'est-il arrivé? Le pain, malgré les promesses de M. Méline, a augmenté d'un sou par livre environ; les agriculteurs n'ont pas bénéficié de Loule la différence, car les intermédiaires sont toujours là pour prélever une grosse part sur le montant des transactions, el plus les sommes sont élévées, plus 1€s commissions sont fructueuses. Mais le consomma leur qui est l"abouliss:rnt final du sac de blé vendu el transformé en pain après avoir suivi la filière obligatoire, a payé celle Jifférence intégralement. Il est facile d'en faire le compte. Suppcsons une famille composée de cinq personnes, le père, la mère el trois enfants, qui conSümme six livres de pain par·jour: c'est six sous <l'impôt quotidien, soit 9 francs par mois et 108 francs par an,ou '100francs en chiffres ronds. Depuis 1885, on prend à chaque ouvrier, père de famille, la vingtième partie de son salaire, pour emid1ir les cultivateurs el ceux qui vivent à Jeurs dépens. Les protectionnistes ont été forcés d'en convenir, el, par une coïncidenr,e, au moment où se discutait le nouveau tarif dans lequel ils se proposaient de faire i11scrire, à tilre dèfinitif, les droits sur les cérales qui n'étaient ci'abord que provisoires, ils demandaient que ces mêmes droits fussent abaissés dans une notable proporlion, à cause de la récolte de 1891 qui s'annonçait comme devant être insuffisante. Mais ils se sont empressés de reprendre d'une main ce qu'ils donnaient de l'autre.En 1885, on n'avait pas osé imposer le pain fabriqué, et des boulangeries installées sur toutes les frontières, principalrment sur celles du Nord, expédiairnt chaque jour des quantités considérables de pain qui se vendait aux ouvriers à
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