558 LA REVUE SOCIALISTE reculé devant celle extrémité; mais le parti protectionniste est fort, il reviendra à la charge. D'aulres industries ont été sacrifiées; celle du jute, par exemple, qui fait concurrence au chanvre. La toile d'Irlande, qui sert à la confection dela chemiserie el de la lingerie parisienne, est smtaxée de 60 ¾; les étrangers qui venaient s'approvisionner en France iront en Allemagne et en Belgique, où les droils sont sept fois moindres, m:.i.isles nombreux ouvriers qui vivaient à Paris de celte branche très importante de nolrè commerce d'exportation n'auront plus de travail. Le résultat sera le même pour les ouvriers des ports du midi occ1 .1pés à la préparation des légumes secs d'Algérie, qu'on a frappé d'un droit de 3 francs par 100 kilos;· pour les ouvriers du commerce de vins d'importation, le nouveau droit payé par les vins d'Espagne devant être absolument prohibitif. En un mot, 700 articles ont été taxés ou surtaxés, ctont un certain nombre n'ont pas de similaires en France et dont beaucoup d'autres sont produits en quanlité insuffisante. La conséquen,;e inévitable sera une décroissance des importations, suivie d'une décroissance des exportalions; en second lieu, le renchérissement des objets d'origine française, suivi d'une déc1·oissance de la consomma lion : dans tous les cas, diminution Ide travail. Pour le démontrer, nous n'avons pas invoqué la théorie du libre-échange, mais le témoignage de deux partisans déterminés du système contraire. La protection n'est donc pas favorable au développement du travail. La rupture de nos relations commerciales avec l'étranger portera un grave préjudice à une industrie des plus importantes, l'industrie des transports maritimes. Kous savoTJs déjà que depuis la dénonciation du traité de commerce avec l'Italie, le cabotage entre les deux pays n'existe plus; il s'agit de centaines de baleau_x qui ont dû désarmé1·. Les gros naYires qui vont en Orient ne peuvent plus faire escale dans les ports italiens à cause des frais de port qui sont six fois plus élévés qu'auparavant: les Messageries maritimes ont cesse de prendre ou débarquer des marchandises à Naples où elles sont remplacées par les compagnies anglaises ou allemandes. Ce sont des faits. Quant aux prévisions elles n_e sont guère plus rassurantes. Lorsque nous n'importerons plus de colon - c'est la source principale de notre trafic avec l'Egyple, - nous n'irons plus à Alexandrie: il en sera de même pour tous les ports d'Orient qui nous expédient des raisins secs ou d'autres fruits, pour le Maroc où nous n'irons plus chercher des légumes secs, pour l'Inde qui ne nous enyerra plus des fruits oléagineux, etc. Non seulement les popu-
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