LES NOUVEAUX TARIFS DOUANIERS 557 Le régiine prolecleur n'est pas celui qui assure lrr., plus grancle sonime de travail, ce n'est donc pas le meilleur, pour employer les paroles, citées plus haut, du pré~idenl de la Commission <lesDouanes. Il faut, pour que le travail soil abomlarit, que les échanges soient aussi nornb1·eux que possible, soit à l'exlél'ieur, l'exporlalion étant inlimement liée avec l'importation; il faut aussi 'lue les produits se vendent à bon marché~ deux condit.ions qui ne poufl'onl se réaliser à l'a venir, si les droits exorbitants qu'on propose sont détinitivemenl adoptés. Des expériences récen les ont confirmé sur ce poin l la théorie. Ainsi les droits sur les maïs étrangers ont ruiné les distilleries de maïs de Bordeaux et de Marseille ; plusieurs milliers d'ouvriers·ont dù être congédiés brusquement el se sont trouvés sans ressources. Le droit de 3 francs par 100 kilus représentait 2n 1/o de la valeur du produit: il n'y a pas d'indusll'ie capable de résister à une charge semblable. El qu'on ne vienne pas prétendre que les autres distiller-ies ont profité de la fermeture des distillel'ies de maïs, el qu'il n'y a eu qu'un simple dépla.::emenl ! Cel argument, que certains proteclionnisl.es n'ont pas craint de foire valoir pour justifier leurs exagérations, montre à quel point on peul devenir inconscient, lorsqu'on n·est guidé que par des considérations d'intérêt privé, ou d'intérêt éleclor::il, ce qui est à peu près équivalent. Non, aucune puissance politique n'a le droit de 1·elirer le travail à qui que ce soit, pour le lranspo1·- ler ailleurs; c'est une expropriation sans indemnité. Qu'arrive-lit pour les distilleries? Les industriels du nord augmenteront leur production d'alcool de betterave. avec leur personnel ordinai1·e ou en payant quelqnes ouvriers de plus; et le:; 8 ou 10 mille ouvriers du Midi, qui ont été mis à pied, resteront déclassés, le Parlement, en supprimant leur travail, ayant négligé de leur en procurer un autr8. Il n'y a pas compensation. Ce qui est vrai de la distillerie le sera demain de toutes les branches de commerce qui auront été frappées de droils de douane supérieurs à ceux qui existent; et, comme toutes, presque sans exception, doivent l'être, toutes péricliteront, dans une certaine mesure. On voulait surtaxer les graines oléagineuses qui procurent 270 million::; rie travail à diflérentes industries et 500.0:)0 francs de prêt, surtaxer les sucres coloniaux élran_gers qui alimentent les raffineries des po1·ts; c'était, pour ces établissements, la fermeture à bref délai, comme pour les distilleries de maïs. On voulait, afin d'avantager les filateurs, élever les droits sur les filés colons, au risque de ruiner les tissages de Roanne, ùe Calais, de Cambrai, de cent autres villes, et de compromettre rexislence de 500 .000 ouvriers. La Chambre des députés a
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