LES NOUVEAUX TARIFS DOUANIERS 55G tous les partis aboutiraient a une augmentation d'impôts pour ceux qui travaillent; en échange, on leul' permettrail <le s'assul'er contre les accidents et contre la vieillesse, el les caisses d'assurances seraient formées pour moitié par des prélèvements opérés sur le salaire, pour l'autre moitié par les versements des patrons. Mais les ouvriers feraient un sacrifice sans autre compensation que l'espérance lointaine el aléatoire de la prime à Loucher; les patrons abandonnerr.lienl la dixième ou la vingtième partie cj.eleur bénéfice su pplémen luire. Si nous ne savions par expéri00ce combien sont décevantes les promesses des candidats, quelle que soit leur couleur polil1que, celle interprétation pourrait paraitre forcée. !\lais, étant donnée la composilion générale de la Chambre, celle de la Commission des Douanes qui contient les éléments modérés de Lous les partis, on est obligé de convenir que c'est bien la pens6e de del'rière la tète de la bourgeoisie. Le socialisme est à la mode, tout le monde est socialiste: pour les uns, c'est la recherche des conditions propres à améliorer le sort du prolétariat; pour les autres, c'est un L1·emplin, une plale-fol'me électorale; pou1· la classe bourgeoise, c'est un nouveau moyen pour gagner de l'argenL. Vous voulez des lois ouvrières, dit-elle aux représentants trop nombreux de la classe lé:iborieuse, faisous des lois ouvrières, il n'y en aura jam.ais assez. Lrs patrons verseront à la cai:;se des retraites, se1ont responsables des accidents survenus à leurs ouvriers, paiero~t les délégués mineurs, etc. Tous ces versements leur (:Oùleront dix francs par an et par ouvl'ier; chaque ouvrier paiera pour vivl'e, cent francs de plus, qui entreront dans la poche <les patrons. Voilà la question sociale J'ésolue, La classe bourgeoise a ùeux mains d'inégale grandeur, une toute petite pour donner, une énorme pour prendre; la petite est presque toujours fermée et la grande toujours ouverte . .. "' if La révision des tarifs douaniers n'intéresse pas les ouvriers, dont les salaires resteront ce qu'ils sont ou varieront pour des causes indépendantes des droits payés par les produits étrangers. D'autre pal't, il n'est pas sùl' que le prélèvement des droits procurera aux agriculteurs· el aux fabricants tout le bénéfice qu'on leur a fait entrevoir; car, s'il permet de vendre plus chel', il diminuera la consommation et par conséquent la vente. Peutêtre des surtaxes modéré~s auraient-elles eu, sur l'écoulement des produits, une influence peu sensible. Mais les pl'otectionnistes se sentant en nombre, ont voulu pousser leurs avantages
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