554 LA REVUE SOCIALISTE M;:iisc'est bien moins des ouvriers qu'il s'agit que des propriétaires et des patron~; M. Méline laisse trop passer le bout de l'oreille pour qu'on puisse conserver le moindre dou le à cet égard; ca,·, qu'elle que soit sa maniè1·e ingénieuse de raisonner, il ne croit certainement pas que le bénéfice réalisé sur la vente ù'un produit quelconque se partagera également entre le propriétaire ou marcliand et ses salariés. On voit joumellement des fabricants faire une grosse rapide fortune, par suile d'une hausse extr-aordinaire, sans que la situation d'un seul ouvrier soit améliorée. Il paraît que nous sommes arrivés à la limite extrême des sacrifices qu'on peut imposer à la production. Nos iMuslriels ont réduits dans la mesure du possible leurs frais généraux; ils ne pourront supporter les ch<1rges qui résulteront pour eux des cc nombreuses lois soumises en ee moment à l'étude du Parlement et qui ont pour obj(~l l'amélioration du sort de nos ouvl'iers : la loi sur la responsabilité des accidents, celle sur les caisses de retraite, enfin la loi si importante sur les heures de travail qui en réduisant de douze à dix he11res la journée de la femme et de l'adulte, conduit fatalement à la même réduction pour les hommes (1) ... Beaucoup dïndusLriels ont fait savoir que pour la plupart des industries, une réduction de deux heures de travail représenterait, dans leur prix de revient, avec les mêmes salaires, une augmentation de plus de zO ¾, et ils ont demandé que les cl1iffres du tarif que nous vous proposons soient majorés en conséquence. >> Il y aurait beaucoup à dire sur celle augmenta lion du 20 ¾; elle est impossible dans toutes les industries - et c'est le plus grand nombre - où les ouvriers sont payés à la tâclle, ou même à l'heure; sans compter que l'expf'll'ience a demontré mainte.set maintes fois que la réduction de la journée de travail ne diminue pas l;:i production el assUl'e la supériorité du produit. Mais cette discus~ion nous entraînerait trop loin, examinons seulement l'idée qui ressort du rapport de M. Méline. Les lois ouvrières, dont, à l'entendre, les patrons seraient sur le point de supporter les charges écrasantes, et les ouvriers d'éprouvers les effets bienfaisants, devraient en définitive être compensées par de.s avantages correspondants, concédés sous forme de droit de douane. S'il a exprimé fidèlement la pensée de ses amis, les grandes réformes solennellement promises par (1) Quelle différence y a-t-il, au point de vue légal, entre un adulte et un homme? La loi distingue les femmes et les enfants des adultes ; M. Méline va plus loin, mais il devrait bien s'expliquer, sous peine de rester incompris.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==