La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

LES NOUVEAUX TARIFS DOUANIERS 551 LESNOUVEATUAXRIFDSOUANIERS ETLESINTltRÊTDSUTRAVAIL On a accusé les proleclionnisles de la Commission des Douanes de sacrifier les intérêts du grand nombre à ceux d'une oligarcl1ie capitaliste, Je surcharger les c.:onsommaleUl's qui sont toute la na lion au profil d'une poignée de producteurs, et d'atteindre le travail lui-même en diminuant la consommation à l'intérieur el la ve11le à l'étranger. Celle accusation n'était pas de nature à troubler, dans l'accomplissement de leur œuvre, d8s hommes décidés à aller jusqu'au bout, par amour-propre, par enlèlP-ment P.ldans un but ùe spéculation personnelle qu'il ne serait pas difficile de monl.rer. Ils devaient cependant s'en préoccuper ; car ils savaient que les réformes ne rnnl efficacP.S el dur1:1bles qu'autant qu'elles sont acceptées par l'opinion publique, et qu'en heUl'lant celle-ci on risque de compromettre non seulement les réformes, milis ceux qui les entreprennent. Aussi ont-ils pris grand soin d'étaler leur désintéressement absolu, leur amour sans mélange pour le peuple, c'est-à-dire pour ceux qui travaillent et qui consomment loul le produit de leur travail, et d'affirmer le plus souvent possible que les avantag~s du nouveau régime douanier seraient surtout pour les ouvrier~. A les entendre, ils n'ont aucun parti pri::;, ils n'ont pas mème de doctrine. Ah ! il est bien loin le temps des discussions oiseuses entre protectionnistes et libre-échangistes! Aujourd'hui on fait de la politique pratique, et on recherche surtout le bien-être dP.s travailleurs. La majorité de la Commission des Douanes, dit M. Méline dans son rapport, « ne fait pas de la pro-

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