La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

550 LA REVUE SOCIALISTE n'avait pas été la proie des flammes, il e:.-;ftort peu probable que j'eusse pu dialoguer ainsi avec la veuve joviale d'un homme célèbre, car cet incendie a été nécessaire pour fournir un emplacement à la colonie des Icariens et mon voyage n'avait pas d'antre but, cette fois, que de faire connaissance avec Cabet et son communism0. L'anéantissement de la splendide pagodt~ datait de 1818, - année mémorable dans l'histoire du XIX• siècle. On no sait pas avec certitude la cause de cet accident. Quelques-uns la rejettent sur les Mormons eux-mèmes, qui, par amour-propre, n'auraient pas voulu livrer à la risée des Gentils le monument do leur foi. Une telle version semble mal fondée: on ne sacrifie pas ainsi une valeur de deux millions de francs qui en aurait toujours rapporté le quart de la somme. D'après un récit beaucoup plus admi'>Sible, l'incendie n'aurait pas été produit par une sotte susceptibilité mais par une envie humaine. Comme des acheteurs se présentèrent pour transformer l'édifice soit en collège do Jésuite, soit en manufacture, une population voisine, ou s'était organisé, déjà du virnnt do Joe Smith, ane ligne antimormonicnne, aurait vu avec dépit renaitre, pour Kauvoo, l'occasion de redevenir riche et prospère. Interprète de ce sentime11t, indigne d'une cité qui porto le beau nom de Varsovie, ("Warsaw). uu individu se serait introduit, la nuit, au sommet de la coupole,.y aurait déposé des matières combustibles et mis le feu de manière à rendre la destruction aussi complète que possible. Descendue du campanile en bois aux murailles de brique et de pierre, la flamme dévora tout l'intérieur de l'édifice y compris l0s taureaux agenouillés du baptistère que l'excessive chaleur fit éclater. Peu de temps après, un terrible ouragan vint achever l'œuvre de la malveillance humaine. Les muraill0-s, restées débout, s'écroulère11t avec fracas en n'épargnant que les colonnes avec leur:'l tètes égyptiennes. L'année même du désastre, Cabet arriva à Nauvoo et acheta, pour une faible somme, les débris du temple, gisant à terre et le vert plateau ou le splendide sanctuaire surgirait comme pour étonner un fleuve américain par son aspect emprunté à la vieille Afrique et à la vieille Asie. A. HOLY:--SKI. (La fin au prochain numél'o)

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