CABET ET LES ICARIENS 511 blancs peu nombreux et les sauvages. Ceux-ci, soudoyés par les Ang-lais en 1812, commirent l'affreux massacre de Chicago dont je trouvai encore vivace le souvenir, - mais qui, ajourd'hui paraît appartenir à un àg-e légendaire, tant l'histoire mal'che vite quand la liberté l'accélère. La constitution ùe l'Illinois s·est couformée ù l'c~prit général de la fédération. Le droit de vote appartient ù tout citoyen àgé de 21 aus. _La législature, divisée en deux chambres se compose de vingt-cinq sénateurs et de soixante-quinze rcpré:sentants. Le premiers sont élus pour quatre ans et les seconds ponr deux. Ils reçoivent les uns et les aulres une indemnité de deux dollars par jour pendant la· session, et d'un dollar pendant les vacances. En outre, ils sont défrayés des dépenses de la route pour se rendre ù Springfield, petite ville où siège le gon ,·crnemen t, d'après l'habitude américaine d'éviter pour rapitales politiques les grands centres dcpopnlation. La législature n'a pas le droit de contracter de dettes, au-dessus de 50.000 dollars, sans une autorisation du suffrage universel, exprimé par un plébiscite. L0s jL1gessont électifs et nommés ù. terme. Le goln-erneur choisi pour quatre ans, par un vote général, peut être réélu une seconde fois. Il doit ètre àgé dü trente-cinq ans, cinq ans de plus qu'un sénateur et dix ans de plus qtt'un représentant. Ses appointements s'élèvent ù. 1.500 dollars, - 7.500 francs seulementi Avec ce salaire d'un modeste sous-préfet de France, il jouit, dans,sa sphère, des prérogatives du Pré::.idcnt de:s EtatsUnis, ayant droit d'oppo:ser son véto à toute loi votéü par la lt'-gislature et d·cn suspend1·e ainsi l'exécution pendant deux ans. L'administration se compose, 011 outre, d'nn lieutcnant-gou verneur, d°Lm secrétaire d'état, d'un auditeur et d'un tré:sorier. Tous ces fonctionnaires, hormis le dernier, restent en place, comme le gouverneur, pendant quatre ans. A quelques nuances près, les qnarante autl'cs Etats qui composent l'Union ont des constitutions semblables ù. celle de lïllinois. I\lalgré l'apologue ing6nicux d'un serpent ù. deux têtes, se paralysant mntnellcmcnt, que racontait Franklin et que Louis Blanc a reproduit dans un éloquent discours, tons ces états se sont donnés denx chambres et dans aucun l'utilité d'un sénat, tant pour controler le pouvoir exécutif que pour assurer plus de maturité aux délibérations, n'a été contest<~e. Aujourd'hui l'expérience a démontré l'excellence de ce système. Franklin, sïl pouvait renaitre, l'approuverait sans aucun doute et ne viendrait plus produire son allégorie sous forme d'argument. pour obéir à une crainte nullement justifiée. Un sénat, intelligem-
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