La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

540 LA REVUE SOCIALISTE surpasser, par sa ~plendeur Saint-Louis et Cincinnati- reine de l'Onest avant le rapide accroissement du Chicago. Le railway .1vlichigan Central coupe l'Etat de Michigan dans toute sa largeur. Cest un pays plat, fertile et couvert de forrts. La locomotive y est alimentée avec des bùches de bois an lien de charbon de' terre on d'anthracite - et lance des étincelles dont les vêtements, les yeux et la peau ont souvent à souffrir. Arrivé à Chicago, ou j'avais été à la même épo·que qu'à Détroit, je me demandais si je veillais ou si je dormais.La ville de 1855 ne ressemblait pas plus à la ville de 1847qu'un homme viril €t vigourenx: ne ressemble à un chétif et malingre enfant au berceau. Quelle métamorphose! Plus de baraques en planches; de tous cotés se projetaient de solides et somptueux édifices en pierre ou en briques. Des belles rues régulières s'étendaient au loin; elles avaient surgi d'une campagne vide ou l'on m'avait montré quelques poteaux en me disant: «Voilà les futures artères d'un immense mouvement commercial! » La prophétie m'avait fait sourire et la proposition d'acheter une certaine quantité de lots, moyennant un à compte de quelques centaines de dollars, me parut une mauvaise plaisanterie à laquelle je répondis par un refus net. Fatale incrédulité I Elle m'avait fait repousser une fortune de plusieurs millions, comme je pus m'en con vaincre en voyant le quartir.r mercantile et fashionable qui occupe l'emplacement dont l'acquisition facile m'avait été offerte. Par une opulPnte cité, bientôt rivale de New-York., par sa fertile campagne de verdoyantes prairies, par son admirable situation entre une série de mers intérieures et un fleuve majesteux, l'Illinois se range dans le nombre des Etats les plus florissants de l'Union Américaine. La gloire de sa découverte appartie.nt à la Frauce: Le chevalier de la Salle, se dirigeant vers le Mississipi, qu'il devait ouvrir à la civilisation, descendit, le premier des Européens, la rivière des Illinois ou des Illini (hommes, comme s'appelait la tribu des Algonquins attachée à ces rivages) et prit possession, au nom de Louis XIV, de cette région à laquelle s'étendit le nom de Lonisiane et qui en fut détaché p:ir la Grande-Bretagne en 1763. Séparés de leur métropole, les colons d'origne française, embrassèrent chaudement la cause de l'indépendance américaine, et à la conclusion de la guerre, tout le territoire entre l'Ohio et le Mississipi, appartint aux Etats-Unis. De ce territoire, dit le Nord-•ouest, l'esclavage fut à jamais banni par la clause célèbre de 1787, promulguée sur la proposition de Jefferson. Avant de devenir un Etat, 1818, l'Illinois pendant les premières années de ce siècle fut le théàtre de la lutte enlre les

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