La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

CABET ET LES ICARlE~S 539 CABEETTLESICARIENS I DE NEW-YORK A NAUYOO Dans la phalange des républicains du règne de Louis-Philippe, Cabet m'a tonjours t:;emblé un des plus sympathiques. L'idée me vint, en 185'.5,de partir exprès, une quatrième fois pour l'Amériqne afin de faire la connaissance de cet homme, dont la bourgeoisie disait beaucoup de mal et dont je pensais beaucoup de bien. Arrivé à New-York, je pris la route la plus directe vers l'Icarie. Elle passait par Niagara, que j'avais dé,ià vu mais qni me retint èn contemplation pendant quatre jours devant la plus belle de toutes les merveilles de la nature: cataracte où toutes les cascades de la Suisse se logeraient à leur aise. Là, le génie américain me ménageait une surprise. Un pont suspendu, aux pieds de la saisissante chute d'eau, érigé depuis ma dernière visite, mariait les deux rives par un chemin de fer d'une rare hardiesse. Ainsi l'on passe sans s'en apercevoir des Etats-Unis au Canada. Aucune apparence de douane, ou de police, aux frontières de ces deux régions libres. Le nord du lac Erié appartient à rAngleterre et les noms de la plupart des villages et des villes reproduisent la géographie de la mère Patrie. Voici, entrè autres, Londres, sur la Tamise et ·windsor en face de Détroit, où l'on se retrouve dans la fédération républicaine. Fondée par les Français en 1670, celte ville ne fut longtemps qu'une collection de huttes en bois. Après quelques années, je la revois en pierre et en briques, promettant d'égaler, sinon de

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