La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

538 LA REVUE SOCIALISTE Les Conseils de Prud'hommes sont constamment saisis de réclamations d'ouvriers contre leurs patrons et ce pour des difficultés résultant du travail aux pièces. Car il est à remarquer que les trois quarts des affaires dont les Conseils de Prud'hommmes sont saisis, proviennent d'ouvriers travaillant aux pièces. V Pour toutes les raisons que nous venons d'énumérer rapidement, le travail aux pièces doit être combattu, condamné. Aussi n'est-il pas étonnant de voir les associations ouvrières dans tous les pays prendre des mesures pour empêcher le développement du travail aux pièces et son extension à des industries qui aujourd'hui en sont préservées. Cette lutte doit se continuer avec vigueur.car les tendances à la généralisation du système existe fortement et continuera à exister davantage encore au fur et à mesure que la législation cédant à la pression de l'opinion publique ouvrière, se décidera à protéger les travailleurs en réduisant légalement la journée de travail. La lutte sera rude, nous le savons. Elle le sera d'autant plus que d'une part elle devra être dirigée non seulement contre les patrons qui ont intérêt à savoir tenir le travail aux pièces lc't où il est en vigueur et à l'introduire le plus possible dans d'autres industries, mais ~ncore contre une partie des ouvriers euxmêmes qui se laissent tromper par les avantages mensongers du système qui, un peu profitable à u11e minorité de forts ouvriers. est défavorable à la grande majorité des travailleurs. Ponr arriver à convaincre les salariés de l'urgence de la suppression du travail au pièces, il est indispensable d'instruire les ouvriers sur les nombreux inconvénients de ce genre de travail et de propage1· et développer la discussion et la résolution du présent Congrès sur cette question qui, en somme, est des plus importantes pour tous les syndicats ouvriers. Pour la Fédération Bruxelloise du Parti OuHier : Le Rappo1·teur, Louis BERTRAND.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==