La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

520 LA REVUE SOCIALISTE I[ lJu SoLIDARrs::-m SOCIAL ou DE LA LOI DE SOLIDARITÉ SocHLE CO)DIE CON'DITION DE VIE OU DE MORT DE TOUTE SOCil~TI~. De tout temps les hommes ont senti et considéré l'idée de solidarite comme inhérente au bon fonctionnement, comme une condition de vit.alité ou do force de tout organisme et de toute société ou nation. C'est ce qu'on a traduit depuis longtemps dans le langage courant en parlant de l'harmonie oude l'équilibre des fonctions physiologiques, comme caractère et condition do la sante et de la vie ainsi quo de l'harmonie et de l'équilibre des forces nationrrles on sociales comme les conditions de l'unité, d0 la vie et de la force nntionales. Seulement, on n'a pas encore, 11ous semble-t-il, considéré cette harmonie, cet équilibr0, cette solidarite comme la loi mèrr..e de ':lout ce qui est, depnis l'rtlom,e jusqu'au cosmos, depuis le v1·otoorga11isnie le plus inférieur, jusqu'à la société la plus complexe eL la plus civilis{•e. Nous verrons de quel jour non veau c0Ue simple notion de la solirlrt- 'i'ite envisagée comme la loi d'existence de toute société, éclaire les faits d'évolution sc,ciale, même lrs plns obscurs, ahsolnment comme elle nous éclaire sur le jeu latent de nos organes physiologiques; nous; y dt'•couvrirons la raison dn relativtsme inéviirtbte de tout princip0 de réforme au grand désespoil' des utopistes doctrinaires, et l'explication de l'insuccès des tentatives d'application des principes les meilleurs et les plus féconds en apparence, a p1·io1•i. Tant il est vrai C't con/01·merw.'JJ faits, q11'une force nouvelle, qu'un organisme nouvC'au, qu'un centre nouveau d'organisation, ne peut se développer sans subir le contre-coup de ce qui lui a donné naissance aussi bien que de cc qu'il engendre lui-même, et sans arriver à un moment où sa prop1·e SJJOntoneité, sa propre (())·ce, sa propre vie soit contrebalancée ou d(,truite par une force incidente. Telle notre nébuleuse primitive n·a pu se développer ni persister indéfiniment sans que le doublejen de cc que 110usappelons la force centJ·ipète et la force cenfri/"uge n'ait amené sa dissociation d'où sont nées lf~splanètes qui gravitent autour de notre soleil; telle la vie de notre corps ne peut croitre, ni persister indéfiniment parceque le double mouvement de composition et de décomposiLioo, d'assimilation et dedésassimilation, d'accroissementetde dépérissement ne peuvent subir la même quantité d'influences pour maintenir leur

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