La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

DE LA SOLlDArlTÉ SO('lALE 519 le mieux ce balancement, cette oscillation conti11ucllc qui constitue le mouvement de la 1;i'e par le jcn d'action et do réaction continuelles des forces inLrinsèquc: et extrin -èques; c·est aussi dans l'organisme vivant que nous saisissons le mieux la nécessité vitale de la solidarité de$ organes et des fonctions, pui::-que nous voyons l"organisme d{périr et mourir, Jès que l'un des organes cessede remplir ses fonction clans les condition de proportionnalité- nécessaires ù rentrdien de la vie. Or, non:-; verrons qu'une ociété ne peut se comprendre autrement que comme un véritable organisme vivant. En un mot, la solidarité estùrexistence cosmique, physiqnc, organique, morale ou . ocialc, cc que l'équilibre stable e. t cL la statique d"un corps solide : celui-ûi peut snbir cks osc-illatious plus ou moins grandes sans cesser de ponYoir reprendre son équilibre, mais dès qnc ces oscillations dépassent une certaine mesure, une limite qni est rtùsotue, J/lathc,11otique, le corps no peut revenir spontané1nent, c'C'st-ù-dire par la ::.eule acLion de son centre de gravité on mieux, par sa seule force d'équilibration; il <·ne:stde ll1l\me pour toute sotidrtrisrttion de parties multiples on composantes clans un 1'nut: ces parties peuvent osciller 0ntrc elle.·, tout en conservant leur wii(icoüo,i, mais, an-(lc-lù <l"unc limile également mathématique, lïndiviclualité, l'unité cesse, disparaiL: le Tout se ùi\·ise, se dissout, se multiplit', Sl~ 1·ep1·octuit. C'est bi011 tonjours l'ÉquililJ,·o/üm qni est la cause de ces oscillations, mais c·cst ta sotirlrr,·1'/1; qui est la niesu,·e sans laqnelleou en tlchorsùe laquelle l'indiviùualilé ùisparait En un mot l"équili/J,•rtLio,i, c·cst-ù-dirc la t0ndance ù l"é--1.nilibrCq'ni résnlte ùu jeu ct·action et ùc fL•ilction des forces intri11s<'.'q11cest cxtrinsi.•q11es,est la canse prt'mièl'e, gL·nérale, commune de tous le phL·no111ènest;andis que la so/idorité est la co,1clition speciale, la 11iesu,•pûété,·11iinee de cc jeu d"(,quilibrc qui constitue le phénomène en particulier, lïndividu, puisque en dcça et au-delù de cette limite, le phénomène change, l'individu di'parait, l'unité se multiplie. Autrement dit la solidm·ite est la condition c1·existcnc<::d, e toute individualité, de toute unité, de tout cc qui est. aussi bien clans le monde ph_ysique que dans le monde orga,nique ou moral.

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