DE LA SOLIDARITÉ SOCIALE 521 équilibre et qu'il arrive nécessairement une modification d'équilibre, c'est-à-dire de leur état solidaire qni arrête d'abord la croissance, puis détermine la décroissance et la mort, ce qui a fait dire assez justement dn reste que « la vie enoend1·e la mort». Toile aussi une $oCiété humaine ne peut se développer indéfiniment sans que, dans son propre sein ne se développent des germes qui la détruiront, la métamorphoseront ou la remplaceront. Or ce_qui est vrai pour la société entière,est vrai pour chacun de ses éléments composants, chacun de ses facteurs, chacune de ses forces, tout comme pour chacun ·de nos organes ; de sorte que, en réalité, la société nous présente un tout composé de la dépendance solida1·isée de parties distinctes, chacune de celles-ci constituant ù son tour un tout plus petit semblablement formé par l'union réciproque, la dépendance solidaire de parties plus petites. Au lieu d'envisager la société comme composée par la réunion de sociétés plus petites, peuplades, tribus, familles, etc., nous pouvous la considérer comme un phénomène compo é d'autl'es phénomènes : la conclusion est toujours la mème: une société ne peut exister qu'à la condition quïl y ait dépendance, solidarite entre les éléments qui la composent. De même, un élément composant de la société, une classe, une tribu, une famille, un facteur, une force, une fonction ~ociale ne peut remplir son rùle dans rorganisme social qu'ù la condition de demeurer solidari. éavec les autres éléments de la société; dès que cette solidarité diminue, il y a trouble, malaise, souffrance sociale, par contre-coup, absolument comme nous {•prouvo11sun srntirnent do malaise, une souffrance, une véritable douleur ou maladie dès que run de nos organes cesse de fonrt.ionner solidrûrenient, e·est-à-dire en harmonie ou en équilibre avec le reste de notre organisme. Yoilùpourquoi un principe do réforme ou do gouvernement, un facteur social, un progrès quelconque no peut se développer indéfiniment sans amener un tronble d·équilibre social. constituer un danger pour la soci6té entière et entrainer fatalement ou sa propre ruine on la ruine de la société clle-mème. C'est lù une des conséquence les plus suggestives de la loi de solidarité sur laquelle 11ous aurons souvent à revenir, et c·est ce que prouve snrabondamment. l'é'volution de l'industrialisme moderne sous l'inf1uence du machinisme qui fut un progrès et devient un danger par l'invasion toujours croissante du capitalisme et de son antipode, le paupérisme, qui constituent des germes de mort pour notre société moderne. An point de vue biologique, la solidm·ite n'est pas autre chose que l'organisation elle-même, et traduit fort bien ce que
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