508 LA REVUE SOCIALISTE A la fin, le protectionniste et le collectiviste sont convertis non seulement a11libre-échange qui procure bien réellement des débouchés au producteur- et le bun mar,~hé au consommateur, - mais encore à !'économisme tout entier; ils sont convertis - mentalement. car publiquement leurs intérèts s'opposent à l'aveu de leur conversion à l'économisme. Le premier tient à se faire réélire député; i.~ second, un ouvrier, quelque possibiliste, sans doute, est candidat au Conseil municipal. Il a, prétendit, des devoirs à remplir envers le peuple, et, en prenant congé de son sermonneur, au lieu de lui répliquer au moins que l'on peut protéger les travailleurs sans protégel' le travail, il lui recommande de ne pas dire qu'il le connait, afin de ne pas nuire à sa candidature et à son avenir politique, - Cependant le député fashionnable et le « 201e membre du Parti)> sont allés l'un à l'Eclen, l'autre dans une réunion électorale à Clignancourt; resté seul, l'apôtre de !'économisme libertaire, qui a vraiment eu trop facilement raison de son pauvre adversaire socialiste, termine mélancoliquement par une pensée que pourraient indifféremment s'appliquer tous les chevaliers d'une Idée, à commencer par les Socialistes: « J'ai « perdu mon temps et ma peine. Ce n'est pas la première(oisetce ne sera « pas la dernière. Mais qui sait oü va une parole de vérité - une parole « inutile - que le vent emporte'? Elle est portée à trarers l'espace et le « temps jusciu'à ce qu'elle rencontre une terre préparée pour la recevoir. « Alors elle germe ... Nous sommes trop pressés. Le progrès n'avance pas « en ligne droite.» A. VEBER. Les idéologue:;, par F. P1CAYET (Félix Alcan, éditeur, prix: 7 fr. 50. Dans son livre récent sur les Icléologues, thèse qui a rnlu à son auteur le titre de docteur ès-lettres. après une intéressante soutenance, M. François Picavct a essayé de replacer dans son cadre historique le mourement philosophique de la fin du XVIIIe !iêcle et du commencement du XIX.0 . Il a étudié l'Jcléologie non seulement dans les livres et dans l'école, mais dans la monde et dans la vie. A cc titre, son travail, c.omme l'exposé le montre, doit èti-e signalé et recommandé aux historiens de la Révolution, auXLuJcls iI rendra, malgré quelq nes imperfections, pl us d'un service. Les id6ologues sont des d[sciplcs de Condillac qui, sans accepter toute la doctrine du maitre, ont fait de la science des idées la base de leurs spéculations. « Ils prennent. dit M. Pica\'et, la méthode et continuent, en les dércloppant en tous sens, les recherches du dix-huitième siècle. En politique, l'influence de l'école (dont les chefs sont Cabanis et Destutt de Tracy) se fait sentir pendant plus d'un demi siècle. Par la création de l'Institut. Encyclopécli11 vivante, elle réalise, d'une façon durable, l'alliance féconde des lettres, des sciences et de la philosophie. Par celle des Ecoles no1·males, centrales et spéciales, elle se prépare héritiers et successeurs. La DJcacle, qui répand ses doctrines en France et en Amérique, en Italie, en Espagne et en Allemagne, fait connaitre à ses lecteurs les œn\'res littéraires et philosophiques de ces di vers pay.s. > C'est Destutt de Tracy
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