4.6 LA REYUE SOCIALISTE bilité absolue, fatale de nos actes, vaut bien, comme moralité, l'ancienne notion de l'utilité à obéir aux ordres d'un Etre supérieur dans la Clémence duquel on pouvait encore espérer après la faute. La Science est la religion de !'Avenir: elle, aussi, a eu ses martyrs, ses héros, ses heureux. Si on a pu parler des dangers d'une demi-science. on ne peut qu'admirer Je degré de moralité supérieure des vrais savants. La science, en effet, est la véritable source de supériorisation de l'humanité ; transportée dans le domaine moral, elle donne à l'homme la pleine conscience de sa place dans l'Univers, la vraie notion de sa responsabilité, le sentiment de la justice, le sens de la vie individuelle et sociale. Malheureusement le progrès scientifique Jans le domaine des sciences morales et sociales se trouve singulièrement entravé par la survivance, chez nous, de !'Esprit ancien, métaphysique, scolastique, d'où la lenteur du développement de !'Esprit nouveau, de !'Esprit scientifique. De là résulte un défaut général de compréhension des choses les plus élémentaires et cet état singulier d'esprit. grâce auquel nous voyons la plupart des rersonnes cultivées rester en réalité complètement étrangères aux questions du jour sur lesquelles elles continuent à discuter, à écrire, sans paraitre se douter des anachronismes intellectuels dont elles émaillent leurs discours et leur prose, et sans avoir la conscience de leur incompétence à juger les opinions nouvelles qu'elles malmènent de belle façon, considérant comme de vils et vulgaires malfaiteurs les hommes qui se permettent de penser librement à la lumière de la Science et prétendent soumettre les doctrines et les opinions au sévère contrè>le de !'Expérience, chercher les lois des phénomènes aussi bien dans le monde moral et social que dans le monde physique suivant les règles de la MetbodeScientifique ou Expéri111e1ttale, c'est-à-dire en s'appuyant sur les« faits» au lieu de s'appuyer sur les «principes». Interroger, en un mot, l'éternel sphynx sans avoir jamais la prétention d'obtenir la réponse définitive, tel est le rè>leet le principe de l'homme de science. Poser des questions à la Nature et lui demander les réponses au lieu de les lui donner, se bien pénétrer de la Relativité de toutes choses au lieu de croire à !'Absolu, ne voir en tout qu'un universel devenir au lieu d'affirmer !'Etre, comprendre que nous ne voyons que les Apparences et non la 'f{é.1lité des Choses, telles sont les différences essentielles entre l' Esprit 111odemeou Scie11ti.fique et l'Esprit ancien ou
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