La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

DE L'ESPRIT NOUVEAU ET DE LA :MÉTHODE SCIEl'iTIFIQUE 4.5 DEL'ESPRNITOUVEAU ET DE LAMÉTHODSECIENTIFIQUE L'homme primitif acquit de bonne heure le sentiment de sa dépendance de tout ce qui l'entoure: saisi de crainte et d'étonnement devant les Forces de la Nature, il en fit des Dieux auxquels il préta des intentions bonnes ou mauvaises à son égard et qu'il prit l'habitude d'implorer par des invocations et des sacrifices dans l'espoir de se les rendre favorables. Nous retrouvons cet instinct de dépendance, dont on a fait le sentiment religieux, dans touks les religions, depuis le Fétichisme grossier des âges préhistoriques dont quelques hordes sauvages nous offrent encore des vestiges, jusqu'aux cultes les plus affinés et les plus modernes que nous voyons invoquer Dieu pour obtenir la pluie ou le beau temps. La Science n'a fait qu'éclairer cet instinct en démontrant le Déter111inis11u1neiversel qu'elle étend aussi bien à l'homme physique qu'à l'homme moral, ainsi qu'à la société elle-mème: seulement, au lieu d'une soumission passive à une puissance occulte dont la volonté ou le caprice puissent être fléchis par des prières ou des sacrifices, elle nous enseigne que le seul moyen d'utiliser cette dépendance dans ce qu'elle a de bon et de l'atténuer dans ce qu'elle a de mauvais, c'est d'étudier la Nature, de chercher à pénétrer ses secrets, de découvrir les lois de ses Phénomènes et d'apprendre ainsi à provoquer ce qui peut nous être avantageux ou à éviter ce qui nous est nuisible. Par ses superbes conquêtes la Science nous a prouvé que nous devons être nous-mêmes notre propre Providence : cette notion claire, précise d'une responsa-

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