4ï0 LA REVUE SOCIALISTE la distance qui sépare Anvers, où il commandait, de la frontière des Pars-B.1s, il aurait été arrêté et traduit devant un conseil de guerre! Entre Rossel et Er.nens, tous deux déserteurs, la diffürence fit t dans le succès. Le premier paya de sa vie la défaite de la Commune; l'antre retira grades et honneurs du triomphe de la Révolution. Si vous respectez Eonens, respectez aussi Rossel. - Paix à ceux qui sont morts en combatLant pour la réalisation do leur idéal do la Patrie. La clésertiou elle-même est amnistiée par le succès! Où donc placez-vous le critérium absolu qu1 permette de distinguer le loyal soldat du félon et du parjure? Le crime serat-il do pol'ter, au milieu des armées étrangères, les armes contre son propre pays? Ce crime, Rossel no l'a pas commis. On nn l'a pas vu, dans les rangs prussiens, tirer sur des Français. J\lais cc crime, d'autres s'en sont rendus coupables; ce sont les Belges qui, ù "·aterloo, combattaient sons les aigles impériales. Depuis l'établissement de la féodalité, les provinces des Pays-Bas avaient éti'· autonomes. Los Ducs de Bourgogne, brisant le lien féodal qni les unissait les unes à l'Empire, les autres ù la France, les réunissaient en un faisceau, en avaient fait un grand Etat, nécessaire à l'équilibre et à la paix de l'Europe. A peine créée, la grande 1'éerlando on la grande Belgique, comme on voudra l'appeler, se sl'.~para,malgré les efforts du Taciturne, en deux tronçons, par suite d'un mariage princier malhenrenx et de dissidences religirnses. Tandis qne les provinces <ln Korcl conquéraient leur ind{!pendance, colles du Sud subissaient le joug de princes étrangers. Mais ce joug était celui de l'union personnelle, non de la conquête. Un jour vint, cependant, où tout ce qni leur restait d'trn passé glorieux fut balayé par l'annexion. Autonomie, franchises, institutions séculaires, traditions, tout disparut, jusqu·au nom de nos provinces, jusqu'à celui de Belgique lui-mèrne. Mais l"heure de la délivrance approchait. L'Europe, prévoyante, reconstituait l'œnvre des ducs de Bourgogne, que le génie de Guillaume d'Orange n·avait pu maintenir. Tout ~L coup, Napoléon-le-Terrible reparait dans nos plaines sanglantes. Il bat les Prussiens à Ligny, enfonce les carrés anglais à \Vaterloo, lorsqu·apparait une dernière réserve: ce sont les Hollando-Belglê!s de Chassé, accùurus de Brainel'Alleud sur le plateau du Mont-Saint-Jean. Conduits par le dernier descendant, digne de ce nom, du Taciturne, ils repoussent victorieusement le suprême effort de l'ennemi. Et tandis que les soldats de la grande Belgique luttent héroïquement pour l'indépendance de la Patrie, d'autres Belges portent la mort dans leurs rangs? Condamnez-vous, Belgique 1nilitah·e, ces Belges
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