UNE APPRÉcIA TION DE LA COMMUNE 4.GO rieuse. L'une comme l'autre sont des guerres civiles ou la patrie est dans les deux camps opposés. En 1789, l'armée française tout entière - sauf la plupart de ses officiers qui commirent le crime de combattre leur pays dans les rangs étrangers - embrassa la cause de la Révolution et, par là., en assura le succès. Rossel fit, pour l'insurrection du peuple, la même chose que l'armée royale pour la révolution bourgeoise. L'histoire di ra qu'entre le capitaine du génie Carnot et_ le capitaine du génie Rossel, il n'y eut que la différence du succès. Carnot envoya son roi à l'échafand; il y serait monté lui-même si la réaction eùt triomphé. La Commune vaincue, Rossel fut fµsillé; victoricl1se, il serait dPvenu chef de la République, comme l'est aujourd'hui même le petit-fils du régicide. Le crime de Rossel ne fut pas de s'être rallié à la Commune; il consista dans la défaite de celle-ci! Si vous condamnez Rossel comme citoyen, condamnez donc aussi les fondateurs de la Belgique. Ou était en 1830 la Patrie? Aussi bien du côté de Guillaume que de celui de la Révolution. Du coté de Guillaume était la grande Patrie, celle créée par les Ducs de Bourgogne, celle de la Pacification de Gand; du coté de la Révolution était la petite Patrie, amputée de la grande par l'Union d'Utrecht, toujours asservie à des princes étrangers. Les Rogier, les Lebeau, les Nothomb embrassèrent la cause de la petite Patrie contre la grande. Ils triomphèrent et furent de grands citoyens. Si l'Angleterre par intérèt mercantile, la France par intérêt politique, ne les avaient soutenus, ils seraient morts sur l'échafaud, et l'on enseignerait aujourd'hui, dans les écoles de la grande Patrie devenue, avec dix millions d'habitants et un million de soldats, l'arbitre entre la France et l'Allemagne, que nos grands citoyens étaient d'odieux criminels qui avaient tenté de morceler leur pays au profit de la France. L'impartiale histoire dira bientot que Rossel fut de ceux donL le supplice hâte le triomphe de la cause qu'ils ont embrassée; qu'elle ne <loive pas constater un jour que nos grands citoyens de 1830, en reconstituant la petite Patrie, ont préparé son annexion à. l'étranger, ou, pis encore, son partage définitif entre la France et l'Allemagne! Si vous condamnez Rossel comme soldat, condamnez donc aussi les officiers de l'armée.des Pays-Bas qui, en 1830, n'attendirent pas, pour apporter à la révolution le concours de leurs talents et de leurs bras, que le gouvernement légal, vaincu, les eùt déliés de leurs ~erments. Si Rossel fut un déserteur, ces officiers le furent aussi. ILle furent jusqu'à leur mort pour le gouvernement hollandais. Si Ee11ens, ce grand cœur et cette puissante tète, ce regretté chef de notre artillerie, avait franchi
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