436 LA REvUE SOCIALISTE LASOCIÉTFÉABIENNE (Suite et fin) Sidney Webb Les « Fabiens » en général se piquent d'être des économistes. M·ais le plus économiste d'entre eux, celui qui possède cette science aride sur le bout du doigt, qui l'enseigne coJI1me professeur, qui l'expose avec clarté, facilité, prolixité même, et. qui a réponse à toutes les objections, c'est Sidney Webb. Sa connaissance profonde des œuvres des principaux économistes fait de lui une encyclopédie vivante. Il est un des très rares penseurs qui sont arrivés au Socialisme par le chemin de l'économie politique. En politique pure, il a d'abord appartenu à l'école aride de Bentham, puis s'est réchauffé au radicalisme socialiste de Stuart Mill. C'est essentiellement un homme pratique, pas rêveur, pas utopiste, qui voit clairement le but où il tend et les moyens nécessaires pour y parvenir; c'est 8n même temps (comme la plupart des« fabiens ») un libre penseur; c'est. aussi un travailleur infatigable, un prosélyte convaincu, au labeur réellement apostolique. Sidney Webb est né à Londres, en 1859, de parents appartenant à la petite bourgeoisie. C'est donc un coclmey, ce dont on s'aperçoit un pen, me dit-on, à sa prononciation, de même qu'on reconnait un parisien à son accent particulier. A l'àge de douze ans ses parents l'envoyèrent sur le continent où il resta trois. ans, une année dans la Suisse Française et deux années dans le Mecklembourg. Il y acquit les premières et solides connaissances de français et d'allemand qu'il a depuis cultivées par-
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