La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

LA SOCIÉTÉ FABIENNE 437 l'étude et des visites fréquentes en France et en Allemagne, au point de comprendre parfaitement les deux langues et de les parler couramment. A son retour, en Angleterre. il fut placé dans le commercé,mais il travailla en même temps à préparer des -examens pour entrer dans les bureaux du ministère de la guerre. Il y fut admis par concours, à dix-neuf ans. mais ne s'y plaisant pas, il concourut de nouveau et entra aux finances et enfin aux -colonies, où il est depuis dix ans, avec l'emploi actuel de chef de bureau. Il travailla ensuite le droit, devenait, en 1885, bachelier en droit de l'Université de Londres et entrait au barreau, ce qui lui donne le droit d'ajouter à sa signature les initiales LL. B. En 1886 il entra dans la Société Fabienne à l'extensio11 de laquelle il devait prendre une part très active comme membre du Comité politique et aussi du Comité de publication. La Société lui doit en grande partie ia rédaction de ses brochures où la statistique et l'économie politique combattent en faveur du socialisme. Comme il est couvaincu que le socialisme ne peut pas s'établir du jour au lendemain, par un coup de force, une insurrection, mais par le vote des prolétaires, il est donc politicien, en ce sens qu'il reconnait pour le peuple la nécessité de se servir de l'outil politique pour obtenir graduellement le socialisme. Aussi le trouvons-nous, en dehors de la Sociét.é Fabienne, membre actif du Parti radical, faisant partie des Comités exécutifs des deux plus importantes Associations libérales de l'Angleterre, à savoir: La London Liberal and Radical Union et la National Liberal l!ederation, qu'il s'efforce de pousser dans la voie socialiste. Depuis 1883, il est professeur d'conomie politique au City of London College et an liVorliing men's College (collège d'ouvriers). L'année dernière il a donné à son cours une portée décidément socialiste, eu même temps qu'une forme extrêmement originale. Au lieu de s·astreindre aux divisions scolastiques qui font de l'économie politique une science si rébarbative, il eut l'idée lumineuse de prendre le plus grand journal quotidien, The 1imes, et d'en extraire l'économie quïl contient et qu'il suggère. Pour cela il prit les titres des principales divisions du journal et arrangea son cours en dix-huit leçons affectées au développement de ces titres au point de vue {iconomique et aussi au point de vne socialiste. Voici les titres des leçons : Pourquoi nous lisons les journaux. - Offres et demandes d'emploi. - La Bourse du Commerce. - Maisons à louer - Le Marché Financier. - La Bourse. - La Banque d'Angleterre. - Marine marchande. - Du change extérieur - Le Marché du travail. -

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