UNE SOCIOLOGIE IDÉALISTE 433 aboutira à la résurrection de l'individualisme apparaissant alors sous une forme supérieure et délicate. En arrivant à la fin de cette longue analyse des conceptions sociologiques de· M. Tarde, nous pensons bien que l"on trouvera justifiées les appréciations admiratives de notre introduction. C,rnx que préoccupent les problèmes complexes de l'évolutibn d'3ssociétés méditeront certainement avec intérêt cette œuvre dmt chaque page fait goûter au lecteur la substantielle saveur de l'Idée neuve et forte. Les savants spéciaux discuteront les vues théoriques et les interprétations originales résumées dans cet article et dans le précédent. Pour nous en tenir plus strictement à l'objet essentiel de cette Revue, il est digne de rêmarque que l'auteur des Lois de l'l?nitation, ne se présente pas comme un adversaire du Socialisme: Il le voit au contraire au loin comme nne aube encore enveloppée de brumes matinales: Il sent son influence grandissante jaillir nécessairement des progrès de la Démocratie, comme la clarté du jour de l'émergence victorieuse du soleil.' D'une part, le besoin sans cesse plus fort d'imiter les riches, c'est-à-dire l'appétit d'égalité, d'autre part une centralisation toujours plus sévère règlementant jusqu'aux moindres détails, confluent dans le même lit, pour former, en se fortifiant l'un l'autre, l'impérieux courant du Socialisme d"Etat, (1) qu'il définit ainsi : « la satisfaction donnée au besoin « l'enfant et à la joie qu'on trouvera dans l'aclôl,roissement de sa beauté: cha- « que homme, dans n'importe quel ordre d'idees, deviendra de la sorte un artiste « véritable. La diversité des dispositions naturelles offrira les directions les « plu~ variées, pour aboutir à une richesse dont on n'avait pas idée.» (Richard Wagner : L'Art et la Révolution). (1) Nous croyons intéressant pour nos lecteurs de reproduire quelques extraits d"un important article de M. Tarde sur le Socialisme contemporain publié dans le Tome XVIII de la Revue Philosophique. « ¾ l'inverse de M. Janet qui juge la Révolution un fait ine,·itable et le socialisme un fléau accidentel, je suis plutôt porté à penser que la Révolution était un accident plus ou moins facile ou difficile à éviter, et que le socialisme ou du moi□ s le socialisme d'Etat, c'est-à-dire pratique, était une nécessité preste inéluctable. " << Ces centralisateurs à oukance seront-ils acculés a la nécessi_té d'en venir un joui· d'étape en étape, jusqu'à exprop1·ier le sol et organiser le travail? C'est très possible et je ne ,•ois nulle raison de le nier absolument.» A remarquer surtout le dévP,loppement suivant: « La vérité est que l'homme aspire à règler consciemment et personnelleme□ t tout ce qu'il parvient à embrasser d'un clair regard dans les faits sociaux. A chaque ordre de faits jusque-là inaperçus que son esprit aperçoit enfin, il rève d'appliquer un.plan de réorganisation systématique, qu'il s·agisse de faits economiques ou politiques, n'imyorte. Les faits politiques et aussi bien les faits religieux, étant plus ex'té1·ieurs et plus palpablei,, leur perception a étJ .bien plus prompte, et, par suite, plus ancien le besoin de les coordonner. De là leur degré plus avancé d'organisa28
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