432 LA REVUE SOCIALISTE toutc>s les nations sur la terre. On peut donc prévoir que les agglomérations nationales iront s'agrandissant de plus en plus, que les petits Etats disparaîtront, jusqu'au jour où un seul empire embrassera la presque totalité du monde civilisé. « On peut << se demander si la Similitude universelle sous toutes ses formes « actuelles ou futures, relativement au costume, à l'alphabet, ù. H la langue peut-être, aux connaissances, an droit, etc., est le (< fruit dernier de la civilisation, ou si elle n'a pas plutot pour « unique raison d'être et pour conséquence finale l'éclosion de (\ divergPnces individuelles plus vraies, plus intimes, plus radi- << cales et plus délieatesà la foisque les di5semblances détruites ... « ... Alors éclora la plus haute fleur de la vie sociale, la c: vie csthétiq ue, qui, exception si rare encore et si incomplète- « parmi nous, se généralisera en se consommant ; « alors de la « vie sociale monotone se dégagera» ce principe essentiel si vola- « til, la singularite profonde et fugitive des pe,·sonnes, leur c. manière d'être, de penser, de sentir qui n'estqu'unefoisetqui « n'est qu'un instant. » (1). En somme, le nivellement universel (l) 11 est intéressant de rapprocher ces aperceptions d'un avenir lointain des vues presque concordantes que l'on trnuve chez certains écrivains collectivistes ou communistes: « Dans la société nouvelle, les conditions de l'existence seroQl les mêmes « pour tous. Les besoins, les aptitudes, pourront différer, mais chacun pourra « viHe et se développer d'après eux. L'égalité unifoi·me, dont on impute faus- « sement l'idée au socialisme, est, comme tant d'autres choses, un mensoll!;e « et un non-sens. Si le socialisme voulait cette égalité, il n'aurait pas le sens « commun, car il se mettrait en opposition avec la nature même de l'être « humain. D (Bebel: La Femme, p. 30-l). " Quand la société â venir aura élevé sa génération nouvelle jusqu'à l'âge « voulu, d'après les pl'Ïncipes que nous avons développés, elle pourra laisser à " chacun le soin de sa propre éducation ultérieure. Elle pourra ètre sùre que u tous s<1isiront avec joie l'occasion de développer les germes de perfectionne- « ment qui auront été semcs en eux. Chacun agira, s'exercera dans le sens <le « i,;on inclination et de ses dispositions naturelles aYec ceux qui partageront « ses goûts. Celui-ci s'adonnera a l'une des branches <leces sciences naturelles. o: qui brillent chaque jour d'un plus vif éclat: l'anthropologie, etc., cet autre « s'attachera â l'histoire, â l"étude des langues ou de l'art, etc. Un tel deYien- « dra de passion, musicien, un autrl! peintre, un troisième sculpteur, un qna- " triéme comédien. Des milliers de facultés brillantes qui seront jusque-là res- « tée cachées, feront connaitre leur vitalité et leul' valeur.» (Bebel : La Femme p. 310.). Le même auteur cite plus loin avec éloge quelques lignes du fameux musicien Richard Wagner. « Quand le gain du pain quotidien nous sera o: assuré au moyen d'un travail naturel correspondant, bref, quand !"industrie, « au lieu <l'i;tre notre maitresse, sera au contraire devenue notre servante, alvrs « nous placerons le but de la vie dans Je bonheur de vivre, et nous nous effor- " cerons de rendre nos enfants aptes et habiles à jouir de ce bonheur. L'édu- ,, cation basée sur l'exercice de la force et sur le soin de la beauté ph~•sique, « deviendra finement artistique, grâce à l'affection tranquille qu'on aura pour-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==