UNE SOCIOLOGIE 19ÉALISTE 125 Au début, les ilots humains clairsemés luttaient peu entre €UX mais étaient entourés« d'un Océan d'animalité grondante. n On trouve à la fin de l'époque tertiaire et an commencement de l'époque quaternaire un grand nombre de fauves terribles. C'était pour l"homme d'alors anssi souvent gibier que chasseur une nouvelle espèce de fascinateurs étrangnrs quand: l'homme se trouve devaut un phénomène terrifiant (un ouragan par Bxemple) il lui attribue une àme pour le comprendre, il le personnifie. Personnifier pour lui, c'est animaliser (car c'est l'animal que l'on redoute surtout), plut6t qu'humaniser. Aussi les dieux primitifs « depuis le Panthéon Scandinave jusqu'à l'Olympe Aztèque sont° altérés de sang» parce qu'ils sont conçus non pas à l'im,rige de l'homme mais à l'image des grands carnassiers qui se rassasiaient ùe sa chair, d'où rusage des sacrifices sanglants de personnes humaines d·abord, puis d·animaux. ll fallait bien, en effet, apaiser la faim du Dien pour calmer son conrroux et pour le disposer à la bienveillance. Plus tarrl les offrandes végétales suffirent parcequ':l ron ~onçut les Dieux sous une apparence plus dL·bonnaire et les sa- ~ritkes devinrent graduellement moins importants jusqu'ù l'hostie ch1·étienne. Mais clans les temps primitifs, l'universalité des Dieux sanguinaires s'explique par l'universalité des bêtes féroces. Dans 1m àgo ultérieur les combats contre ces terribles ennemis font place aux combats contre les hommes. Alors, et pour les mêmes raisons, les Dieux à forme humaine remportent sur les Dieux à forme bestiale. La transition des deux états se rencontre en Egypte où l'on voit des Dieux à face d'homme sur un corps de bête, on à face de bête sur un corps d'homme. C'est là la transition entre les Dieux zoomorphiques do la préhistoire et les Dieux anth1\opomorphiquescréés par les Grecs. Les corhidérations précédentes rendent plus intelligiblo l'origine de l'anthropophagie._ Mangé par les fauves quand il est vaincu. l'homme, quand il est vainqueur, les mange aussi tant par besoin que par esprit de représailles. Quand l'ennemi est un .antre homme, on le traite tué selon l"habitude déjù établie. Le totémisine universel, c·est-à-dire le fait de reconnaitre -pour premier ancêtre de la tribu un animal est l'effet et non pas la cause du culte zoomorphique. En définitive,l'homme primitifa été arraché au culte exclusif <le ses ancêtres (coutunie) par l'étranger-animal puis, par l'étranger-homme, qui l'ont fasciné l'un après l'autre (mode). Puis leg 11ouvt'lles acquisitions cultuelles se sont solidement fixées et sont .devenues coutume.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==