La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

42ô LA REYUE SOCIALISTE Après les animaux féroces, on a adoré les animaux domestiques; d'où la création des Dieux bons opposés aux Dieux mauvais. L~ domestication d'un animal fut l'acte d'un sauvage de génie, et ent pour effet d'introduire le cnlte des animaux utile:-. L·Egypte en témoigne par la vénération du bccuf Apis qui a fini par prédominer sur les Dieux tigres, chats on lions de sa hantc mythologie. Tel est encore le culte indien de la vache. Après avoir domestiqué des bètes, l'homme a essayé dellomesliquei· les Dieux conçus par lui comme des ressorts cachés de ces vastes machines naturelles (soleil, pluie. tempêtes, etc.) Et comment? par les moyens qui avaient réussi avec certains animaux, caresses, flatteries, nourritnre abondante, r(~gulière. Voilà !"origine probable des sacrifices et voilà pourquoi on donnait aux Dieux bestiaux nne pàture humaine sanglante. Les religions anciennes, familiales ou nationales dont nons venons d'cxquisser la théorie hi~torique, se sont pins spécialement confinées dans le respect de la coutwne. Elles se sont développées snrtont Jans le temps, passé et avenir et se sont snrtout propagées, ~n vertu de l'imitation-cout,ume, pa1· la mnlliplication des descendants du clan familial qui les avait d'abord conçues. An contraire les grandes religions universelles sortent de la tribu d'origine pour s'{,pandre sur de va tes espaces et conq nièrent les peuples en vertu de l'i111,itr1Lion-mocle. Mais elles n'ont pu obtenir cette va. te extension qn'ù cause de leurs principes élevés, généraux, par le noble et large idéal ùc fraternité des hommes (Bouddhisme-Ghristianismc), de sympathie universelle, d'aniour mutnel, de pitié et de bonLé qn·ellcs ont apporté an monde. On comprend tout cc que ers iMrs et ces aspirations ont de contagieux. et combien au lieu d'isoler et d'exclnre, elles peuvent pour unir et pour fondre ens<'tnble drs peuples différents. Si les religions qui visent à l'uniYcrsalité n'ont pu entrainer les hommes que rar leur haut spiritualisme, d'autre part toutes les grandes civilisations ont eu pou, condition préalable une foi largement répandue. Les Progrès de la culture ne doivent pas rclégner la religion dans un coin.« Si la religion établie recule, c'est qu'une autre « religion inaperçue prend silencieusement sa place et s'apprête « à installer à sa suite une nouvelle civilisation qui finira pa, << être toute religieuse, comme le fut la précédente en ses bPaux « jours... L'ordre futur une fois consommé, la croyance « unanime en une vérité indiscutable, en un Bien eL en un << Devoir incontestables, redeviendra ce qu'elle a été, intense et « intolérante. Et la science transfigurée par une vaste synthèse, « complétée par une morale hautement esthétique, sera la reli-

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