La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

UiŒ SOCIOLOGIE IDÈALISTE 423 comme assujettie à la forme antécédente, puis elle s'en affranchit, puis se la subordonne. La génération dans les espèces animales et végétales inférieures est liée ù l'ondulation (chaleur, lumière. saisons). Plus haut, elle s'en passe, accumule en elle assez de combustible intérieur pour avoir une quantité de forces de tension toujours prètes ù faire explosion ; dès ce œoment, elle n'est plus à la merci des phénomènes physiques. Plus tard, la forme biologique de la répétition universelle s'asservit complètement l'ondulation en faisant de la nuit le jour, de l'hiver rété, au moyen des fourneaux, calorifères, lumières, etc. Les mèmcs rapports existent ent.re la génération et l'imitation. A11. début, cette dernière suit timidement la premièl'e, le pate1· frnnilirls est cru et obet rigoureusement. Ensuite, le principe social (l'imitation) se délie peu ù peu de l'étreinte du principe biologique; à cette phase correspond l"adoption (filiation fictive), la J1atnralisation des étrangers, l'admission au m(~me cultr. A peine affranchi. le.principe social devenu despote commandr à la génération ; et alors s'introduit le mnltlmsicmisme qui est nn asservissement du principr vital an principe social, puisqu'il a pour effet de restrrindre la fécondité de l'espèce aux: limites de la production industrielle. La victoire complète du principe social sur le r,rincipe biologique consistera dans la formation d'une race nouvelle, plus apte qne nulle autre à mdtre en œL1vre la masse des inventions et des découvertes organisées en sciences et en industries. « On prut dé.i~1prévoir le << jour où l'homme civilisé, après avoir créé tant de Yariétés « animales ou végétales appropriées ù ses besoins ou ù ses capri- « ces, et pétri à son gré la vie inférieure comme pour s'exercer « à un plns hant dessein, osera aborder le problème d'êLre son << propre éleveur, de trausformer sciemment et délibérément sa « propre nature physique dans le sens le plus conforme aux: << vœux de sa civilisation fina:le. >> France, quand les nouveaux droits que l'on rliscute en ce moment, seront appliq11é$ et auront ferme le marchè fr.1nçais. Il restera les colonies. i\lais les colonies peuplées d'Europèens comme l'Australie, imiteront l'A,mèrique. Chez les peupies de race ditférentt> (Chine, Indo-Chine) il est fort probable que des hommes avisés feront co.ncurrence à la mêre Patrie en crêant sur place de puissantes orga1Ü$ations mécaniques qui bènéficie1·ont des prix de transport, de la main-d'œuvre à bon marché, etc ... L'avenir que i\1. Tarde nous fait entrevoir n'est peut-être pas chimérique: La civilisation industrielle pourrait bien être anéantie par sa diffusion mème et son e:;trême perfectionnement. Plus grande sera la masse de matières premiêres dévorées par quelques usines insatiables, plus il faudra songer à cultiver soigneusement et à exploiter méthodiquement le sol et le sous-sol.

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