La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

422 LA RE\'UE SOCIALISTE Chacune des trois grandes formes de la Répétition universelle (ondulation, génération, imitation) se présente d'abord « misêrables, .seront dissèminées dans toutes les campagnes et phalanges d11 « globe, afin que l'homme en se livrant au travail de fabrique, ne dévie « jamais des voies de l'attraction ql!i tend à employer les fabriques en acces- « soire et variante de l'agriculture, et non pas en fonction principale, ni pour « un canton ni pour aucun de ses individus. » (Fourier, œuvres chcisies, edition Gide, page 104). « Per~onne 11e sau1·ait considérar l'organisation actuelle de nos gr11n<les « villes comme une <'hose saine. Le système qui régit de nos jours le travail « et l'industrie attire sans cecse de grosses masses de population vers les « grands cent1·es. C'est là qu·<'st le siège principal d~ l'industrie et du cornu mercc ....... l\Iais cetttl organisation en grandes villes vous fait l'elTct d'un ,, homme dont le ventre grossit sans ce1;se, tandis que ses jambes deviennent « toujours plus minces et qu'en fin de compte elles ne peuvent plus portet· « !eut· ch<1rge....... Ces agglomérations humaines. néccssai1·es dans l'êtat « actuel dti notre civilisation et qui représentent jusqu'à un certain point. « des centres révolutionnaires, auront atteint leur but dans la formation « de la socirtê nouvelle. Leut· disparition grnduelle s'imposera en raison de « ce fait qu'à l'encontre de Ctl qui se passe aujourd'hui, la population emigrera « <les villes vers la campagne, y crêera de nouvelles communes i•tablies s,,i- « ,•ant les conditions modernes, et réunira son activité industrielle â Ct!lle d<'S « agri,::11ltcurs. Aussitot <Jue la popula,;011 urbaine aura la possibilité dti a: transporter à la campafrne toutes les choses nécessaires à l'êtat de cirilisa- « tion auquel elle sera habituée, et d'y retrouver ses musées, ses thêâtres, se;; « salles de concert, ses cabinets de lecture, ses bibliothèques, ses lieux de- « rêunion, ses établissements d'instruction, etc ... , elle commencera sans retard « son cmigration. La vie à la campagne aura tous les avantages jusque-là « résen-cs aux grandt!S villes, sans en avoi1· les incon,·énicnts. Les h.i.bitations. « y seront plus saines, plus agréables. La population agricole s'intéressera aux « choses de l'industrie, la population industi-ielle â l'agriculture.» (Bebel : La « Femme, page 290). Qua11d nos sociêtés actuelles uniformisées et démocratisées par l'imitation-mode (eomme le prévoit i\L Tarde) et probablement aussi socialisêes, passeront ensuite à la phase de l'imitation-coutume, laquelle consolidera les rêsultats acquis. il n'est pas impossible que la productivité croissante des moyens mécaniques sans cesse perfectionnês ne soit dcjà panenue à rendr~ inutiles peu à peu les masses ou niéres agglomêrécs. Peut-être verra-t-L,n dans un avenir lointain, quelques grandes usines admirablement outillèesr fabriquer, avec le concours d'une minime partie de la population valide, tous les objets manufactures nécessaires à, un pays. Alo1·s la masse presque entière des travailleurs aura rapatn~ la campagne primitive et repris le travail des. champs rêduit à un exercice fortifiant. La politique protectionniste qui envahit. comme une mode a déjà permis aux Etats-Uuis d'Amêrique et à l'Allemagne de crcer chez eux toutes les entreprises industrielles que la liberté et la concu1-rl:!nceauraient tuées en germe. Ces p.1ys ne recevront plus grand'chose des autres peuples, mais au contraire produiront en cxcês et chercheront des débouchés partout. Depuis le bill l\Iac-Kinlcy. 011 raconte (juin 1891) que les usines à fe1·-blanc de l'Angleterre ont fermé Jeurs portes et licenciê 25.000• ouvriers. Pt!u â peu, l'Angleterre perdra sa clientèle, paree que chaque nation saura se suffire et aura de l'excédant. Cette consêquence se fera sentir en

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