La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

UNE SOCIOLOGIE IDÉALISTE 415 UNESOCIOLOGIE IDÉALISTE (Suite et fin) Nous avons résumé, dans l'article précédent, la première partie de l'ouvrage de M. Tarde, intitulé : Les lois de l'im,itation, étude sociologique. La formule la plus vaste qui puisse embrasser tous les phénomènes est la loi de la Répétition Universelle, qui se présente sous trois formes: l'ondulation ou la vibration pour le monde physique, la génération pour le monde biologique et l'imitation pour le monde des faits sociaux. Aussi, une société pourrait-elle être simplement définie: Une collection d'individus en train de s'imiter entre eux. Mais qu'est-ec que l'imitation? Une sorte de suggestion hypnotique: La vie sociale tout entière n'Pst pas autre chose. Parmi les nombreuses inventions nouvelles qui sont mises au jour, les unes sont vite imitées et se propagent promptement; d'autres au contraire après avoir parcouru un certain chemin, sont arrêtées par des innovations concurrentes. L'histoire serait la collection des initiatives les plus rénssies, de celles qui se sont le mieux propagées: « Le destin des imitations est la seule chose qui inté- « ressc l'histoire et c'est là sa véritable définition. » - L'imitation elle-même est régie par des lois logiques, qui sont: Le duel logique; deux croyances antagonistes sont en présence et luttent jusqu'à ce que l'une ait éliminé l'autre, dans ce cas le progrès se fait par substitution; et l'accouplenient logique, dans •cecas au contraire la lutte se résoud par une union intime et parfaitement coordonnée. Mais à côté des lois logiques, interviennent à titre de

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