DE L'Ul\l\'ERSALITÉ DE LA QUESTION SOCIALE 411 et de morale puisqu'elle a, à sa base, la juste, entière el com-- plèle rémunél'a Lion de l'action personnelle. Nous pouvons assimiler le vice social à celui d'un réservoir· qui perd,.ail ses eaux pal' une fissure invisible, ouverte dans son enveloppe. Le rJservoir familial du travailleur, du producteur a une fissure qui le vide au fur el à mesure qu'on l'emplit. C'étail celle fissul'e 4u'il s'agissait de découvrir. 'J'unLqu'elle demeurait. cachée, on n'y µouvaiL pas remédier et ceux qui étaient denière la fissure s'enrichissaient tandis que le père Je famille ù1ppau- ,-rissail. Or, nous le savons nwinlenant, la misère est la cause première de tous les maux, ùe tous les vices, de tous les crimes;. la misère el la crainte d'y tomber ou d'y voir tomber sa famille est la source première, la source fondamentale de toutes les. questions sociales ou de la c< question socinle ». Il n'y a pas à proprement parler de question profes~orale,. de question d'éducation ou d'enseignement : il y cl la question sociale. Cette dernière domine el gouverne tout. El, en effel,. tant que les familles des travailleurs se,·on L plongées dans la misère, lanl que les enfants auront faim ou auront froid, seront mal logés ou mal vêtus; tant que les mè1·es ùe famille seront obligées, pour vivre, d'aller travailler au dehors et ne pounonl pas elles-mèmes soigner leul's enfants, Lous les efforts, l.ous. les dévouements des professeurs el des instituteurs pour instruire et mornliser les m:::sses seront, sinon inefficaces, du moins considérablemen Len Lravés. La misère des familles ne mel pas seulement 0bslacle à l'&Ju_ cation el à la moralisation des masses, elle pal'alyse également l'enseignement en lui ôtant sa principale raison d'agir, son plus. vif stimulant. Si, d'une part, les patents sentent la nér,essilé dedonner l'instruction intég1·ale à leurs enfants, d'autre part, ils ne sont que trop souvent découragés par l'incertitude où ils sont de pouvoir utiliser à l't.eure voulue les capacités qu'elle aura développées.Quand on voit les carrières partout encombrées, on se demande, en effet s'il e.st pratiquement sage de trop pousser les enfants vers des études qui, au lieu d8 les aiùer à améliore!' leur situation, ne leur seront le plus souvent qu'une source d'amer~ regrets et de cruelles désillusions. A l'heure actuelle, l'enseignement n'a fait la plupart du temps que Jes déclassés;. aussi, conçoit-on les parents qui hésitent à s'imposer des sacri-- fices dont le résultat le plus certain sera d'accroître le nombre de ces déclassés. La misère des familles est la grande plaie de l'enseignement :. c'eiü pourquoi le problème de la misère prime le problème del'enseignement. A Lous les degrés de l'enseignement, on se-
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