La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

DE L'UNlVERSALITi:; DE LA QUESTION SOCIALE 4.00 <le leur passé, n'ont obtenu qu'une confiance médiocre, il faut ciler les membres du clergé, ceux de la nobles~e, les préten- <lants comme les candidats politiciens. Sans suspecter la bonue foi de personne, il faut reconnaitre que Lous ceux en général dont les principès ont pour bac:;eun intérêt exclusif de casle el de classe, de dynastie, de gouvernement personnel ou de parti politique ont le jugement faussé par une étroitesse de vues qui .altère leur logique et leur perception des faits.On en pourrëJil voir autant, d'ailleurs, de ceux qui étudieraient la quHslion sociale .au point de vue exclusif de La classe des ouvriers manuels ou des salariés. Cette classe est assurément la plus directement intéressée à la solution de la question sociale; mais la question ·sociale n'intéresse pa::; seulement la classe ouvrière: elle intéresse toutes les classes de la société et elle doit être examinée et étudiée, :1bstraction faite des classes et des partis, comme aussi des nationalités. La solution ne peut êlre définitive qu'à condition qu'elle puisse èlre adaptée à toutes les situations en général, -c'est-à-dire à Ioules les branches du lravait et de l'aclivilé, à. l'agriculture et à l'industrie, au commerce, aux arts, à l'enseignement, à la démographie comme à la politique, à la morale €nfin el à la philosophie. Elle doit s'adapter à toutes les branches €n général, el voilà pourquoi il n'est pas possible de l'étuùier à un point de vue exclusif, voilà pourquoi on ne peut s'en oc.;uper que d'une manière impartiale, indépendante, générale. El quand nous disons que l'élude de la question sociale doit -èlre indépendante, nous n'entendons pas dire qu'elle doit être indifférente. L'indifférence en pareille matière serait la négation de la question et de sa raison d'être. Or, la situation sociale ne permet à personne de rester à celte lwure spectateur indifférent des misères et des maux tant moraux que matériels qui -désolent nos sociétés modernes. Il suffit de jeter les yeux autour <le soi pour le8 voir ces maux, et qui les a seulement entrevus ne peul plus les oubli<~r et s.J sent infailliblement envahi par mie passion ardente d'y porter remède. Et, en effet, c'est passionnément, non indifféremment, qu'il faut s'attacher au problèmt-J.Sans passion point de résultat. La passion, d'ailleurs, en cette matière, comme en beau- -coup d'autl'es, ne se commande pas. Elle nait de soi au cœur des dévoués el des ardents. A côté d'elle, et à son défaut, l'inlérèt personnel, intellectuel ou physique, les exigences de la vie, les conditions de plus en plus dure de la lutte pour l'existence imposent au plus grand nombre le devoir et la nécessité <le rechercher la cause des douleurs dont souffre l'humanité. Le moyen, devant tant de souffrances, de ne pas se demander:

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