408 LA REVUE SOCIALISTE Pourquoi, du reste, une solution scientifique ne pourraitelle être pacifique? Pourquoi la science serait-elle fatalement destinée à ne s'introduire dans la sociologie que sur des ruines 1 La science portera non seulement sur la réforme elle-même. mais sur son introduction dans le monde; elle trouvera à s'appliquer à la période de transition, à la mise en application des moyens en même temps qu'à la forme définitive. En un mol, la science sociale déterminera les détails les plus simples de l'application, el, ainsi, forcément, se rendl'a acceptable. Je crois devoir signaler ici une autre prévPnlion contre les solutions pacifiques q1li est tout entière contenue dans l'ancienne défiance des classes souffrantes el opprimées contre les classes bénéficiaires de l'oppressiou, contre ceux qu'à lorl ou à raison on a jusqu'ici considérés comme les exploiteurs du prolétariat. Il n'est pas douteux que, longtemps encore, toute réforme appuyée, encouragée ou acceptée par la bourgeoisie deviendra par cela seul suspecte aux yeux des t1·availleurs. Cependant, il est impossible que, lorsque les travailleurs manuels verront celle réforme préconisée par les travailleurs de la pensée, par toute celle classe nombreuse favorisée au point de vue intellectuel, mais opprimée, elle aussi, au point de vue économique, il n'est pas douteux, dis-je, que les préventions cesseront pour faire place à la confian~e. C'est ce qui est. arrivé en Amérique où les Chevaliers du Travail n'ont pus hésité, après mûr examen, à adhérer à la rMor·me unilaxiste. El qu'on nous comprenne bien. Nous n'entendons prêcher ici ni le modéra11tisme, ni l'opportunisme excessif. Sans entrer dans les considérations qui peuvent pous~er certaines fracUons du parti à se disti11guer par certaines nuances, nous ferons remarquer ici qu'autre chose est le modérantisme el l'opportunisme, autre chose la simplicité et l'innocuilé d'une solution. On peut adopter un remède simple el inoffensif en luimême quoique radical, el ne souffrir ni transaction ni compromis ni abandon pcirtiel ou momentané de tout ou partie du programme fondamental. La simplicité d'un remède ne l'empêche pas d'être radical, complet, définitif. La suspicion cont1·e la bourgeoisie qui adhère aux réformes sociales doit disparaitre comme étant aujourd'hui el en général injustifiée. Il est des cas, cependant, où elle est le résuital d'une prudence raisonnable, quoique exl~essive parfois. Nous devons mériter la confürnce eb faisant appel à la raison el à l'intelligence et en ne p1·ésen~anl que des réformes dont l'éloquence sera assez g1·a11depour sr. faire accepter. Parmi ceux qui préconisent des réformes, mais qui, i1 cause
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