DE L'UNIVERSALITÉ DE LA QUESTION SOCIALE 407 habitués aux complications, aux obscurités des théories philosophiques, économiques et sociales que, difficilP.Inenl, nous pouvons imaginer la science accessible à tous, intelligible pour d'autrrs que pour ceux qui onl pâli sur les livl'es el voué leurs nuils à l'élude. Quélle el'reur manifeste! La vérité esl simple; el la simplification une condition sine quà non du progrès scientifique. La synthèse finale, en effet, n'a d'aull'e but que de fixer ,Ia science dans la formule la plus générale el la plus simple. C'est ce qui arrive, en ce moment, pour la queslion sociale. Les soluliuns compliquées, irréalisables de la période théorique ont foil place à une solution si simple en elle-même que l'impression éprouvée quand elle est exposée, est celle-ci? t<- Com1nenl? ce n'est que ceia? » Que de Lemps il a pourtant fallu pour découvrir que, sous celle fol'mule simple, se trouve le monde enlier! La simplicité de la solution est donc déjà une présomption en sa faveul', mais, à coté ùe celle simplicité, une autre considération explique les progrès de la propagande réformiste en ces dernières années: je _veux pal'ler de son car·aclère conciliant el ino(fe,isi(. Et, à ce sujet, je dois reconnuilre qu'en Europe et vis-à-vis de nos révolutionnaires, ce caradère n'est pas sans exciter une certaine u~fiance. On est si accoutumé, dans nos pays occidentaux, à associt::r l'idée de réforme el de révolution à l'idée de violence el de spoliation brulale,qu'on conçoit difficilement la révolution sans tètes coupées el ruines partout amoncelées. Gardons-nous soigneusement de ce préjugé funeste. La réforme sociale doit être el sera pacifique et conciliante. Quoique b4sée sur un principe inflexible, efficace el solide, elle saura, en ce qui concerne· les situations acquises, Ll'ouver des moyens lransaclionnels el transitoires. C'est aim,i qu'elle accordern, par exemple, sinon des indemnités, du moins des compensations qui détruiront les oppositions et les résistances. Ce ,~araclère d'innocuité de la solution esl précisément ce qui, en la rendant inoffensive et poinl dangerfuse, en favorise l'acceplali0n universelle et la propagation. En s'adaptant aux situations les plus diverses, ici, aux besoins de l'Etat el des Gouvernements; là, à ceux des communes el des municipalité:::; ailleurs, à ceux des familles et des particuliers, elle devient comme une panacée universelle, s'il est permis d'appliquer ce terme nuancé de mépris à une chose d'un ordre aussi élevé. Celle simplicité de la solution permet de retourner le proverbe : aux grancls mau.x, les grancls renièdes; car les petits i:-emèdes en apparence du moins, deviennent par le fait les grands remèdes.
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