L.\ RE\"üE SOCIALISTE rité du lendemain ne lui assurent mème pas toujours le pain quotidien. Car de plus en plus les progrès mécaniques avilissent la main d'œuvre et créent la surabondance de bras sur les marchés du travail; c'est-àdire l'oppression et la misère pour les travailleurs. De la sorte, en effet, se forment ces armées industrielles de réserve qui sont la honte de l'industrialisme contemp0rain et la grande douleur du prolétariat. Or, cette situation ne peut qu'empirer, la démonstration qu'en fournit l'analyse des facteurs économiques n'est que trop probante. « Les valeurs prod:.!ites par les ouvriers, dit F. Engels, n'appartiennent pas aux ouvriers. Elles appartiennent aux propriétaires des matières premières, des machines et instruments de travail et des capitaux de réserve qui permettent à ces propriétaires d'acheter la force de travail de la classe travailleuse. Celle-ci donc ne reçoit qu'une partie de la masse des produits qu'elle crée. L'autre partie, qui, comme nous l'avons vu, est retenue par la classe capitaliste et partagée tout au plus par elle avec la classe des propriétaires fonciers, augmente à chaque nouvelle invention et découverte, pendant que la partie attribuée à la classe travailleuse (dans l'ensemble de ses membres) ou n·augmente que très lentement et d'une façon insignifiante, ou n'augmente pas du tout et. dan~ certaines circonstances, peut mème diminuer. ,, Mais ces inventions et découvertes qui se multiplient toujours plus rapidement, cette productivité du travail humain croissant de jour en jour dans des proportions inouïes, créent finalement un conflit dans lequel doit s'e(fonder la présente économie capitaliste. D'un côté des richesses démesurées et une surabondance de produits qui ne peuvent trouver d'acheteurs. De l'autre, la grande masse de la soci~té pro!él.1riarisée, transformée en travailleurs salariés et pour ce incapable de s'approprier cette masse de produits. La division de la société en une petite classe extraordinairement riches et une grande classe de salariés ne possédant rien, aboutit à une société qui étouffe dans sa propre abondance, pendant que l'immense majorité de ses membres est à peine protégée - ou ne l'est pas du tout - contre l'extrème indigence. » II y a là une situation aussi absurde qu'inique; elle doit disparaître et faire place à une organisation économique dans laquelle « les immenses forces productives déjà existantes seront utilisées, selon un plan rationnel et ultérieurement perfectionné et où la masse toujours --croissante de tout ce qui sert à lâ vie, au bien-ètre, à l'éducation et à l'exercice de toutes facultés physiques et psychiques de l'homme sera mise proportionnellement à la disposition de tous les membres de la société, tous également tenus au tribu du travail. »
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