La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

36 L.\_ REYUE SOCI.\LlSTE créé au centre de la ville un groupe de maisons à trois étages, divisées en logements loués 200 à 250 fr. par an et qui réunissent toutes les conditions d'hygiène et de confortable. A Orléans, 215 maisons ouvrières ont été construites ; par suite d'une combinaison fort ingénieuse, l'ouvrier peut devenir facilement propriétaire de l'immeuùle qu'il occupe. A Lyon, un ingénieur constructeur, M. Satre, a construit un groupe de six maisons ayant chacune de 3 ù 5 pièces et dont le loyer varie de 600 à 300 fr. Dans la même ville trois hommes de cœur et d'initiative, MM. Aynard, Gillet et Mangini, ont réuni à eux seuls 200,000 fr. pour la construction de maisons ouvrières. Déjà un groupe de 6 maisons, renfermant 60 logements vastes et aérés, a été construit. Les fondateurs doivent en construire 5 autres analogues.» (1) Sans qu'il soit besoin de pousser plu::;avant notre enquête, nous pouvons bien dire, tout en rendant justice à bien des efforts louables que, ponr le peuple travailleur, la terrible question d'un logement sum ant et non trop onéreux attend encore sa solution. Quant aux pouvoirs publics ils n'ont presque rien fait. Sous la pression de l'opinion publique mise en éveil par d'éloquents et généreux économistes de la première école interventionniste française, (2) l'Assemblée nationale rendit le décret du 10-22 aoùt qui instituait près du ministère de l'agriculture eLdu commerce un Comite d'Ilygiène publique, simplement consultatif, mais qui pouvait être chargé de l'étude et de l'examen d0s mesures à prendre pour prévenir et combaLtre les épidémies, eLpour améliorer les conditions sanitaires des populations manufacturières et agricoles. Quoique ses attributions fussent très étPndnes, il n'ava)t aucune initiative.- Un arrêté des 18 dôcembre 1848, 5 janvier 1849 compléta cc dôcret en établissant dans chaque arrondissement un conseil d'hygiène pulJlirJue et rle salub?'ite, et un conseil départemental au cheflieu de préfecture. Il rendit même facultative lïnstitntion de commissions cantonales. La loi du 13 avril 1850 fut un pas plus décisif, mais bien timide encore, dans la voie du progrès. L'iniLiative en fut prise par un catholique, M. de Melun, député du 'ord, dont l'idée fort pC'usubversive fut encore atténuée et réduite à un dispositif légal dont voici la substance: (1) Georges l\lichcl: <lans !'Economiste F1·ançais du 16 juillet 1887. (2) Sismondi (Nouveaux pi·incipes d'<iconomie politique); Adolphe Blanqui (Enquête de 1848); Eugène Buret (De la misèi·e des classes laborieuses en France et en Angleten·e); Villermê (Tableau de l'Etat physique et moral des ouvrie,-s).

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