La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

DES SERYICES CO~IMUNAUX 35 << M. Cacheux a construit. de nombreuses maisons exclusivement habitées par les ouvriers qui, moyennant un loyer inférieul' à la moyenne, trouvent dans 0es immeubles unP propreté et un confortable inconnus dans les quartiers ouvriers. M. de Madre a fait construire 85 maisons ouvrières contenant plus de 7,·ooo locataires. Toutes ces maisons sont saines, confortables, admirablement appropriées à leur destination. Mais en dehors de ces essais <lus à l'initiative privée il n·existe à Paris qu'une Société de construction ayant fait ses preuves, c·est la Soctdtd des 11/'lbitations ouvrières cle Passy-Auteuil. Quant aux projets, aux créations futures de cités et de quartiers ouvricrs, ils foisonnent. Là-dessus le Conseil municipal a des idées extraordinaires, des conceptions grandioses: mais tout cela 11·0xiste que sur le papier. « En province la question des logements ouvriers est beaucoup plus avancée qtù't Paris. A· Lille, <lepuis 1807, il s·est créé une Société qui en 1876 avait déjù ronsLruit -~18 maisons ouvriè.res. Le prix de location d'une de ces maisons à un étage pouvant loger une famille, est àe 17 à 20 fra11cs par mois. Sur ces 318 maisons, 201 sont vendues it cenx qui les occupent au prix moyen de 3,000 francs. Les actionnaires ont reçn régnlièreme11t nn dividende de 5 ¾ sans qu'il ait é·té fait app<-"là la garantie de la ville. Le succès de la Société est <lonccomplet à tous les points de vue. Un nouveau groupe <le 110 maisons a été livré en 1881. Mais soit que les maisons soient d'un prix trop éleYé. ou que leur emplacement laisse à désirer, les ouvriers mettent peu d'empressement à les habiter et ù les acquE'>rir. Il existe anssi à Lille une cité philanthropique logeant un millier d'indig<::nts. « A Amiens une Société de constructions ouvrières s'est constituée au capital de 300.000 fr. Elle a construit nn groupe de maisons dont les ouvrie,rs peuvent devenir propriétaires à des facilités de paiement exceptionnelles. A Reims, une Société possède 18 maisons ouvrières: l'annuité à verser pour JevPnir propriétaire en vingt ans varie entre 350 et 450 fr. A Nancy, une Société s'est constituée, il y a douze ans, au capital de 200,000 fr., pour la construction de maisons destinées à être vendues aux ouvriers par annuités. Ces maisons au nombre dr 55 ont toutes été achetées par des ouvriers. An Hàvrc, sous l'impulsion de M. Jules Siegfried, s'est créée une Société de construction des ci tés ou vrièrcs sur le modèle de celles Je Mulhouse. Sur 117 maisons constrnites, 5Gétaient déjù vendues en 1885, et sur ce nombre 38 étaient intégralement payées. A Rouen, une Société fondée par M. Picot, dont on est sûr de trouver le nom à la tête des institutions philanthropiques, a

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