La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

31 L.\ REVUE SOCIALISTE de· véritables dévouements, tel celui de Mis:, Octavia Hill qui met à son œuvro philanthropique le zèle d'un Vincent-dePaul (1). Dans la question des logem.ents aussi, l'Angleterre Ast la terre promise des jnitiatives philanthropiques individuelles et cependant l'effort sérieux des building societies est manifestement impuissant. Dans los autres paJs, ce qui a été fait en cc sens, n'est quo la goutte d'eau dans le désert. En Belgique, c·est une grande commission dito du travail, qui a pris l'initiative de l'amélioration des logements ouvriers; en Hollande, le mouvement est venu de deux compagnies spéciales; en Allemagne, c'est Victor-Aimé Hubert qni l'a soulevé en 18-10.Les résultats sont à peu près nuls. Les sociétés de construction américaines dont un négociant de Brook.lin, M. \Vhite, a pris l'initiative, sont de simples opérations commerciales et no s'adressent qu'à la classe moyenne. On a surtout en pour but, en France, do rendre l'ouvrier propriétaire de son logis; l'intention peut ôtro bonne, mais elle est chimérique; en système capitaliste, l'épargne étant interdite à l'onsomblo du prolétariat. Voyons d'aillonrs cc qui a été fait. Dès 1818, M. Yalladon fit construire une série de petites maisons ouvrières qu'il vendit par annuités. Aujourd'hui ces maisons ont été surélevées et elles n'appartiennent plus ù des ouvriers. En 1852, le gouvernement impérial donna 10 millions pour améliorer los habitations ouvrières. On construisit notamment 17 maisons à plnsiours étages en bordure <ln boulevard Diderot. L'expérience réussit médiocremellt et aujourd'hui ces maisons sont habitées « bonrgeoisemont. » En même temps, Louis Bonaparte faisait construire avec les fonds de sa cassette quarante et une maisons, avenue Daumesnil, qu'il céda gratuitement à la Sociét6 coopérative immobilière d(>s ouvriers de Paris. Ces maisons ne tardèrent pas, dit-on, à être détournées de leur usage primitif et elles ne seraient occupées qu'oxceptionnellement par les ouvriers. Ceux qui ont simplement voulu améliorer les logements ouvriers ont mieux réussi. (J) Depuis Yingt auscctte femme de bien travaille à améliorer les logements <les ouvriers. Après y a,·oir mis toute sa fortune, elle fait appel aux souscriptions publiques. Elle agit directement sur la classe la plus pauvre, celle que les grandes sociétés de construction ne peuvent pas atteindre. << Un Jcs administrateurs du fonds PeaboJy, interrogé par le marquis de Salisbury, sui· la conduite à tenir peur parvenir à loger les indigents, lui répondit: « Nous n'avons aucun moven <le donner des chambres au'":dessous de « 2 fr. 50 par semaine. Celui qui gagne 2 fr. 50 par jour peut payer cc loyer. « Quant à ceux dont le salaire est inforicur, cela regarde Miss Octavia Hill.»

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