REVUE DES LIVRES nous observons n'est que le dernier ressaut d'un corps agonisant. Faire rel'irre un tel organisme, allons donc, il est trop us~! Et à ce propos assez inconsidé1·ément, M. J.-K. Huysmans fait beaucoup trop d'honneur aux spirites et aux charlatans de mème acabit pour toml,er à bras raccourcis sur les seuls qui, justement, dans cette tenta.tire de réaction spiritualiste, méritent quelque respect: je veux parler des sarnnts et des penseurs du groupe,de !'Initiation. M. Pa.pus s'est d'ailleurs fort simplement rengé de la gratuite accusation d'ignorance portée contre lui par l'aute111·de Là-Bu.s, en une réponse pleine d'érudition et de bon sens. Qui donc peut avoir « envoüté » à ce point l'auteur de .,.1 reboiirs? Il ne se contente pas de renier le naturalisme, dont il fut un des meilleurs soldats; il réédite de fort vieilles plaisanteries sur les médecins, - et cela chez quelqu'un qui, comme lui, a l'horreur du banal, nous étonne fort, - il veut qu'on nous ramène au muyen-âge, à l'heureux temps où un Gilles de Rais, ce gentilhomme dont il nous conte l'étrange Yie, égorgeait des enfants de vilains pour la satisfaction de ses lubriques folies. !}heureux temps! où le socialisme n'existait pas, et où le peuple croyait en Dieu! - Et comme il constate, - ~clair de raison et de lucidité à tra\'ers tant d'autres dirngations étranges, que la bourgeoisie est corrompue, « que les paunes, les humbles, dans une société cynique et fé1·oce, sont hués, pilés par ces bourgeois enrichis, pai: les ,·ianclards ! Partout le triomphe des s~élérats ou des médiocres, partout l'apothéose des gredins de la politique et des banques.» Il avoue ne pas compter sur l'effort de l'homme, attendre la yenue d'un Dieu, 011 ne rien espérer du tout. Je plains M. J.-K. Huysmans si par haine du boulangisme, des rnlgarités de la politique, il en est venu à se désintéresser de ce siècle; ce sont là des délicatesses outrancières de cor1uette maniérée, sujette aux vapeurs, qui ne s'expliquent. guère chez un homme épris de la cuisine anglaise l Quelles si jolies pages, que celles consacrées dans son lirre aux réunions dans la chambre du sonneur, sous les cloches de St.-Sulpice ! Pour leur rnleur artistique, je mets aussi certes, hors de pair, les \'isions de Gilles de Rais, errant à travers la forêt de Tiffauges, 1.Jie·nsupérieures à la description de la Messe Noire que l\I. J. -K. Huysmans ne doit pas avoir reconstituée de ,·isu. M. Papus lui reproche même d'avoir trop côtoyé Michelet. Non, non I l\1. J. -K. Huysmans, nous n'attendrons pas la \'enue du Paraclet, nous a\'ons plus de confiance dans le génie humain, - et ce sera grâce à c~tte billevesée qu'on appelle Socialisme, comme le désigne \"Otre des Hermes si aimablement, que viendra le règne <le la fraternité et de l'amour que vous souhaitez comme nous. Quant aux quelques pauYres fous, épris de satanisme - serait-ce le terrible chanoine Docre - nous les guérirons par q11elques bnnnes douches. Suggestion. - Henry Nizet, 1 \"01., chez Tresse et Stock, L'hypnotisme est aussi une question à la mode. En ce volume, l'auteur s'est appliqué, en s'appuyant sur des documents précis, à indiquer la part de la suggestion et de l'auto-suggestion dans l'amour et la psychose cri-,
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