DES SERVICES CO)DfUNAUX 33 Lié par les engagements,pendant la plus grande partie de sa vie d'homme adulte, et plus tard retenu par l'obligation du domicile fixe, l'ouvrier doit subir, quelles qu'elles soient, les conditions du patron. Il n'y a pour lui ni grève, ni changement possible; il est attaché à son usine comme l'ancien serf l'était à sa glèbe. On comprendrait les cités ouvrières entrE' ouvriers associés autour du centre commun du travail et encore la liberté du domicile devrait-elle être toujours assurée ; dans le système actuel, elles ne peuvent t\tre qu'une duperie. En revanche les libres sociétés de construction, en vue ùe multiplier les logements ouvriers, ne présentent que des avantages et méritent la sympathie publique. Elles font merveille en Angleterre où elles fonctionnent an nombre de plus de 2300. Elles ont reçu en 188G, 512,000,000 de fr. versés par plus de 600,000 associés; lrur actif total est de un milliard 300 millions. Voilà de beaux chiffres; voyons lrs résnltats. D'après le très laudatif Dr Jules Rochard, les Buillling societies ont pu loger, en 1889, 20,G13 familles composées de 14ù,800 personnes. (1). Cela ne répond pas au cinquième des besoins; encore, faut-il ajouter que pour arriver à. un résultat si lamentablement insuffisant les Builllilio societies ont été singulierement aidfes par la riche donation Peabody (2) et que d'autre part elles ont suscité (l) D' Jules Rochard: Question d"lfygiène sociale. (2) Peabody était un jeune homme sans fortune, n'ayant pour rcussir que son intelligence et sa bonne volonté, lorsqu'il entra comme commis, en 1812, dans une maison de commerce des Etats-Unis. Il fit vœu, s'il s'enrichissait, de consacrer ses biens aux pauvres, et il a tenu parole. Cinquante ans après, devenu puissamment riche, il fondait plusieurs in~titutions clans le l\Iassaehusetts ~t créait à Baltimot>e une série de fondations destinées à dcvelopper lïnstrnction supérieure. L'ensemble de ces donations s'élevait à 53 millions de francs. Sa fortune rèalisée, il vint viHe en Angletene. Il y est mort en 1869, après avoir consacre aux pauvres, par <les <lonations répotcqs, • une somme de 12,500,000 francs, pour leu1·créer des habitations èconomiques et salubres. « Les admini_strateurs de ce legs, au premier rang desquels se trouvait lord Derby, ont bâti, au centre de Londres, 18 groupes de maisons qui contiennent 4,5;',l logements et abritent 18,000 personnes. Pour ne pas faire concurrence aux autres sociétés, ils font payer un loyer aux ouvriers dans leurs immeubles; ils ne prélèvent que 4 pour cent comme intérêts du capital engagé, tandis que le!I autres sociétés, bien qu'elles n'en fassent pas une spéculation, ne peuvent pas se contenter de moins de 5 pour cent. Le revenu des maisons déjà bâties est employé à en clever de nouvelles. C'est ainsi qu'avec un legs de 12 millions 1/2, les administi·ateurs avaient déjà <lépensé, eu 1884, 30 millions, 2î5,000 francs en constructions. 3
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