REVUE DEL~ PRESSE 300 Les mànes do Lamartine ont dù tressaillir d'a4se, l'Acadt.'•mir do Médecine vient, tout récemment, de se prononce1· en faveur d'une idée qui lui était chère : le rétablissement des tours. Analysant cette décision, M. Paul Strauss, dans la Revue Bleue dn 22 aoùt 189), argnmente très-énergiquement contre le rétablisseri1ent. Il s'attache à faire ressortir les avantages du bureau de bienfaisance sur le tour, ceux des ·secours temporaires aux nouveaux-nés, sur lenr adoption définitive par l'assistance publique. A l'appui de sa thèse, .:\I. Strauss rappelle les chiffres si tristement éloquents de la mortalité parmi les enfants abandonnés aux soins de !'Assistance ofücielle, chiffres considérablement supérieurs à ceux de la mortalité chez les enfants secourus provisoirement et allaités par leur mère. L'organisation de !'Assistance publique est des plus défectueuses, c·est un fait acquis. Compléter le système d'assistance, multiplier le nombre des bureaux ouverts (sur le type de celui cle la rue DenfertRochereau), recevoir de toute main et de tonte provenance, entourer do plus de garanties le secret du dé'pùt; voilà l'urgent d'après l\I. Strauss : « Mais que, pour rien au monde, écrit-il, on n'en revienne au tour aveugle et barbare! Il n'y aurait pas un infanticide de moins, les avortements 11·en seraient pas raréfiés pour a11tant, puisque le bureau secret ne refuse ancun dépùt anonyme d'enfant et quïl a tous les avantages de l'ancien tour, sans avoir aucun de ses inconvénients.>> Pas un infanticide de moins, telle est (,gaiement notre conviction, convicl,ion reposa,nt sur des faits qui paraissent quelquo peu oubliés aujourd'hui. L'enquète ù laquelle se livra le gouYcrnement do juillet vers 1838, époque où disparnrcnt la plupart des tours, ne fut-elle pas assez concluante? Ne fnt-il pas établi que dans presque tous les départements où les tours furent supprimés, l'année qui suivit cette mesure vit diminue1· cleprès de moitié le nombre des infrmticirle.set celui des expositions en lieux solitaires! Mais· si avec M. Strauss nous sommes adversaire Mclaré clu tour, nous somines loin de partager ses généreuses illusions sur les effets à attendre de l'assistance publique ou privée, mème développée dans le sens qu'il indique. Le tour, a justement reconnu M. Straus~, ne saurait avoir aucune influence sur l'avortement. Le bureau d'abandon secret en aura-t-il davantage? Evidemment non. Or, eo admettant.que l'on parvînt à pallier l'infanticide en ouvrant un peu partout des bureaux d'abandon, ce résultat, 24.
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