La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

308 L.\ REYliE SOCIALISTE L'éminent député hongrois fait justice de cette argumentation : « Un simple coup cl'œil jeté sur la carte aurait pu apprendre à i\I. Paul Leroy-Beaulieu que sa snpr5osition ét::iit absolnment fansse. Les chemins de fer hongl'oi~ ne sont guère en concurrence avec la Statsbahn (austro-hongrois) que snr deux lignes et sw· ces cleu.r.:lignes cette Societé ((,, sw· le chanip, aclopté purement et si111plement le nouveau ta1•if. On no paie, par exemple, pas un sou de plus de Budapest à Yienne sur la Stalsbahn que sur les chemins d'Etat hongrois. Il n'y avait donc ancun motif pour qu'un seul voyageur vint à passer do la première de ces voies à l'autre, et c·est en effet ce qui n'a pas eu lieu; mais, en revanche, la Statsbahn a YU s'augmenter sensiblement le chiffre de ses voyageurs là où elle a adopté le nouveau tarif. . . . . . . . . . . . . . . . . « Une antre conséqnenco de très grande importauce <le cette innovation c·est qu'en face des résultats <'.·conomiqnesobtenus, le gouvernement autrichien s'est vu forcé de céder à la pression de l'opinion publique, de suivre l'ox<.'mple que lui donnait la Hongrie et d'adopter la base de son système sanf à en varier les détails. Yariation très peu hcureusr, du reste. Et voilà q ne le système zonaire, avec ses fortes réductions de prix, introduit en Autriche, en conséquence de r~~xpérience faite en Hongrie, a abouti aux 1rn\mcs résultats : augmentation du mouvement et des rcceLtes, cc qui nons fournit uue éclatante confirmation des expériences réalisées dans notre pays et nous prnuve, avec la plus grande évidence, que :'d. Leroy-Beaulieu s'était appuyé sur des su ppo. itions aussi gratuites q u'arbi traires. >> Sévère mais juste. Les magnifiques résultats obtenns en Hongrie plaident une fois de plus en faveur de rexploitation des chemins de fer par l'Etat. Convaincront-ils un seul de certains économistes, un seul de nos politiciens? Nous voudrions l'cspél'er, mais nous savons combien est t'paissc cette barrière de sophismes et de préjugés contre laquelle se viennent heurter les plus simples, les plus facilement réalisables des améliorations sociales. Qu'on reste sourd dans les sphères capitalistes,c·est logique. Mais en dehors d'elles, l'idée de rachat des chemins de fer va son chemin, sur cc point comme sur bien d'autres le grande masse du public devient chaque jour plus consciente de ses droits et de ses intérèts. « Ceux qui ferment les yeux: pour no pas le voir, rapprendront à leurs dôpcns », écrit en terminant M. l\émenyi. Nous sommes pleinement de son avis. * * *

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