La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

REVUE DE LA PRESSE 307 cet article, M. A. Kémenyi traite plus particulièrement l'importante question de l'abaissement des tarifs. Cette réforme, sociale au premier chef, que dans une touchante unanimité les fervents de l'économie politique orthodoxe nous montrent héeiss6e de difficultés, pleine de dangers et dont nos ministres ne parlent qu'avec une extrème circonspection, a été. comme on le sait, accomplie par l'Etat Hongrois qui a la gestion d'une grande étendue de ses voies ferrées. Il a réduit le tarif des voyageurs d'environ 20 ½, réduit en outre celui des marchandises et cela sans voir apparaitre aucune de ces terribles conséquences, telles : insuffisance des moyens de transport existauts, par suite dépenses énormes, banqueroute probable, déraillements, accidents de toutes sortes, que pr6disaieut inévitables les adversaires de l'abaissement des tarifs; écoutons plutôt M. Némenyi : « Le nouveau tarif est entré en vigueur le 1°•aout 1889. Si ron compare la dernière anné0 de l'ancien rég·ime (dn l•• aoùt 1888 au :-n _juillet 1889) avec la première année du 110uveau (dn l"" août 1889 au 31 juillet 1890), voici le résultat auquel on arrive: Le chiffre des voyageurs est monté de 5 millions à 10 millions; les recettes perçues pour les voyageurs et leurs bagages sont montées de 0.-100.000 florins à 11.400.000, donc de 2 millions, c'est-à-dire de 21 ½; constatons de même qne les recettes des dix mois écoulés de la seconde anuée (août 1890-mai 1891), accusent encore une augmentation très-considérable du chiffre des voyageurs en comparaison avec la période correspondante de la précédente an née.» Ces chiffres se peuvent.passer de commentaires, ils établissent clairement l'excellence de la mesure prise. Telle ne fut pas l'opinion de M. Leroy-Beaulieu qut, lors de la publication des premiers résultats, << se hàta de formuler l'objediou, qu'il fallait avant tout préciser les éléments qui avaient donné lieu à cette augmentation d'affluences; il s'appuyait à cet égard sur un argument auquel il attribuait tant d'importance qu'il ne pouvait se lasser de le répéter. Il l'app<!lait le « détournement du trafic ll. « On ne pouvait pas savoir, disait-il, si les chc-mins de fer hongrois n'avaient pas détourné If' mouvement des ligoes concurrentes et particulièrement df' celles du Statsbahn (qui appartiennent à une Société par actions). Que, dans ce cas, il ne serait pas prouvé qu~ le chiffre des voyagrnrs eût augmenté. mais qu'on pourrait seulement dire qu'une ligne avait attiré A elle un nombre considérable des voyageurs existants par l'extrême bas prix de son tarif:»

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