REVUE DE LA PRESSE importante de l'évolution du Prolétariat poursuirnnt son affranchissement, si ce mouvement s·est promptement laissé dt'.•rinr au courant socialiste, pouvait-il en ètre autrement? Ce qni n'aurait pu ètre obtenu par les« entrepreneurs de guerre civile>> s·est produit logiquement, fatalement, sous la double infiuence du régime d'oppression politique qui vit naitre le groupemeut syndical et de l'état d'asservissement de jour en jour plus étroit et plus meurtrier auquel se voit réduite l'armée du travail. De telle sorte qu'à l'heure actuelle le syndicat est ramené à sa vraie valeur, considéré comme moyen et non comme fin, en un mot comme« coalition temporaire>> dans un sens pins étendu et plus élevé que celui que M. Michel a voulu lui donner. Quant à prétendre que cette mise en prntiquc de ridée d'association pour la lutte, crée un monopole oppressif et redo11table et que sa défense constitue, pour les écrivains socialistes, une évidente contradiction, c'est là un argument auquel il 110 convient guère de s'arrêter (1). M. Michel ne peut se défendre d'une certaine tristesse en songeant à cc qui serait advenu si le Sénat légicide ne fùt intervenu à temps. « Si la loi dne à l'initiatiYe de M. Bovicr-Lapierre, é•crit-il, eùt été sanctionnée par le Sénat,où en serions-nous aujourd·hui? Les Directeurs des Compagnies de Chemins de fer seraient tous en prison et la vie économique de la nation serait suspendue parce que deux ouvriers, atteints par une peine disciplinaire, auraient été renvoyés de leurs ateliers.>> Tous les Directeurs des Compagnies de Chemins de fer en prison, c·est quelque peu excessif. Cependant nous sommes entièrement d'accord avec NI. Michel pour croire que la plupart d'entr'eux seraient souventes fois tombés sous le coup de la loi Bovier-Lapierre; qu'on la leur eùtappliquée, nous nele pensons pas, nous estimons au contraire que les Directeurs des Compagnies de Chemins de fer eussent été les derniers à en sentir les effets. La magistrature actuelle, bourgeoise et servile, réserve à d'autres les rigueurs de fa loi. A côté de ceux qui, avec M. Michel, apprécient que la mise iL l'ombre des directeurs des grandes compagnies équivaudrait à la suspension de la vie économique du pays, se trouve la respectable majorité de ceux qni croient tout le contraire et très sincè- (l) « L'association pour la lutte est la rectification sociale de la lutte pour la vie, cette loi universelle du monde zoologique (mais non du monde social, quoique prétendent certains darwinistes).» Benoit Malon: Lé Socialisme intégral.
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