3G1 L.\. RE\'UE SOCIALISTE Sur le mèmc air, dans !'Economiste F1·a,2çais du 20 j uillct dernier, M. G. J\Iichel chante absolument la même chanson. Il veut bien reconnaitre que le groupement syndical a sa raison d'è•tre. « A coup sùr, dit-il. le principe des s:rndicats est bon et juste rn l11i-mème 011cc qu'il consacre, pour les ouvriers d'un même métier, le droit de se combiner pour la protection de leurs intérêts professionnels.>> Mais si l'idée syndicale est excellente th<.'.•oriquement, pratiquement ~I. Michel la trouve inacceptable et cela parce que les syndicats ne veulent pas consentir et.rester impuissants, parce que leurs membres las de se livrer pieds et poings liés à r exploitation capitaliste poussent l'audace jusqu'à vouloir faire u age des menues garanti0s que la loi leur a concédées. «Aune époque agitée et passionnée comme la notre, continue M. :Michel, et lorsque le Quatrième-Etat est tout pn1t ù donner le signal d'une r6Yolution radicale, anprcs de laquelle, suivant le mot de Henri Heine,<< la Révolution de 1789 ne serait qu'une innocente idylle>> c'est plus qu'une imprudence, c·est une folie de jouer avec le feu et de mettre aux mains des incendiaires les torches avec lesquelles ils pourront déterminer une conflagration générale. Tout le monde sait que l'idée syndicale a été surtout agitée par dos entrepreneurs de guerre civile; on a cherché à fonder dos institutions non pas économiques, mais politiques, des association non pas dïntér<.\t, mai d8 haines. La seulP pensée qui aitjusqu'ici inspiré la fondation des chambres syndicales ou Hières, est une pensée d'antagonisme social et la constante pri'.•occupation de ceux qui los dirigent est l'organisation de la lutte contre le patron. La meilleure preuve que les ouvriers n'ont jamais l'egardé jusqu'ici leurs syndicats qu<' comme des machinés de guerre, c'est qu'en Lemps de grève ils y affluent et qu'en temps de travail normal ils s·en retirent pour ne pas payer les cotisation .. La plupart TIC' voient let qu'une coalition temporaire destinée à les soutenir dans un moment de cl'ise; ils n'ont jamais pensé à donner à leurs associations un but économique permanent, un but vraiment social. « A l'heure acturlle. les syndicats \'Ondraient être tout; et récole ·ocialiste qui, dans tontes ses nuances rérnlutionnafres, ne cesse de protester contre tons les gt'nres de monopole et d'en demandC'r ù grands cris l'abolition, fait tout cc qu'0lle peut pour 011con tituet' un, bien autrement oppres~if et r<'doutable, an profit des ouvriers con tl'e les patrons.» L'rffarement de M. Michel à la seule pensée de l'avènement du Quatrième-Etat 1'0mpêche de voir juste. Il n'est pas exact qne son le une pensée d·antagonisme social ait présidé à la fondation de' chambres syndical0s, mais si le mouvement syndical, neutre ù ses débuts, apparait maintenant comme une phase
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