La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

RE\'UE llE LA PRESSE 3G3 REVUDEELAPRESSE L'inquiétude <le::;parvenus et <les satisfaits, dirigeants et conservateurs, croit en raison dil'C'ctc de l'importance du Qnatrièmc-Etat. Le mouvement syndical si considérable en ces dernières années, les congrès, les grèves ré•centes, tous ces symptômes avant--courenrs d'une rénovation sociale causent grand tumulte dans cette bonne presse où l'on s'est doucement laissé aller à croire que tout est pour le mieux: dans la plus anarchique des sociétés. Aucune note dissonnante, c'est avec un parfait ensemble qu'on y crie haro sur le Quatrième-Etat. Dans le Jow·>ial des Écono,nistes, M. Alph. Courtois félicite le Sénat d'avoir très-carrément exécu té la loi Bovier-Lapierre sur les syndicats, cette loi qui ne faisait que sanctionner celle de 1884, d'ailleurs si anodine que le .Ministre de la Justice l'avait soutenue devant la Chambre. « Tous les économistes, écrit M. Courtois, ont dù remarquer avec satisfaction que le Sénat, rompant courageusement en visière avec le Quatrième-Etat, vient de rejeter à une majorité considérable, une proposition de loi essentiellement attentatoire à la liberté du travail. Cette audacieuse violation d'nn des principes les plus élémentaires avait vraisemblablement été votée, à la Chambre des Députés, par beaucoup de nos élus du suffrage universel, avec cette arrière-pensée que la seconde Chambre épargnerait au pays les dangers d'une mesure aussi tyrannique. Il ne faudrait pas que la préoccupation électorale permit souvent de voir le jour à des fantaisies de ce genre, car l'ordre social ne tarderait point C:t en périr, qu'on ne s'y trompe pas.» Le pàle Fallières, accusé de chercher à compromettre l'o1·d1·e social,. aux destini'•es duquel préside la caste des « gens trèsbien », cela méritait une mention spéciale.

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