La Revue socialiste - 1891 - Tome XIV - vol 02

LE SOCIALIS~JE INTÉGRAL ET L.\ PRESSE 335 à jamais inexpiable de la bibliothèque d'Alexandrie ? Si M. Gide doute, qu'il lise Châteaubriand (Etudes historiques) Draper lles conflits de la scienceet de la ~eligion). Qu'il parcoure surtout l'étude vengeresse qu'a publiée sur ce sujet Goblet d' Alviela dans la Revue de 'Belgique. M. Gide croit que la construction, dix siècles plus tard, d'un certain nombre de cathédrales pouvait compenser la furie de destruction qui avait détruit une civilisation. li sera seul de son avis. Relativement à St. Paul et à St. Augustin, M. Gide se garde bien de rappeler les abominables passages qui ont justifié la réprobation de !'écrivain socialiste; il se con.tente, pour justifier ces << néfastes» théoriciens de l'immorale et monstrueuse prédestina'tion, de nous dire qu'un jour Augustin eut une pieuse hallucination en compagnie de sa mère. Est-ce bien sérieux' M. Gide termine sa critique du Socialis111Ientégral par ce paragraphe : Heureusement, on t1·ouve clans le liv1·e de i\I. l\Ialon quelques très nobles pensées, celle-ci, par excmpl<', qui brille comme une étoile de première g-1·andeur et qui peut explique,· peut-ètre quelques-unes ries <'Ontradi<'tions de l'auteur: « La sagesse éonsiste peut-être à JJense1·en 11essimiste, car la naturn des choses est cruelle et triste, et à agir en optimiste, car l'intervention humaine est e/Ticaee pour le mieux-être moral et social, et nul effort de justice et de bonté, quoi qu'il puisse nous apparaitl'e, n'est jamais complètement pe1·du >>. On ne saurait mieux dire. Restons-en la. Restons-en là aussi de la critiq.ue quelque peu passionnée d'un écrivain de grand mérite et d'un démocrate infatigable que la ~evue Socialiste n'a pas été la dernière à louer, ce qu'elle continuera à faire, lorsque l'auteur des 'J>rinc.ipeds'éco11011p1oileitique et de tant d'œuvres généreuses, ne se laissera pas emporter à ce point par son ;2èle pauliniste et augustinien qui est tant soit peu hors de raison pour un progressiste de sa valeur. Quelle conclusion apporter à ces pages? Est-ce que nos lecteurs n'ont pas su extraire déjà de ce résumé documentaire l'enseignement qu'on peut en tirer? Si nos convictions avaient besoin d'être affermies, tant de précieuses adhésions, de si hautes sympathies, nous aideraient à les fortifier, en nous donnant un juste orgueil d'être parmi les compagnons d'armes du travailleur qui les a suscitées. Et maintenant, est-ce trop dire que d'avouer notre intime pensée? Si, proche est l'avènement du socialisme, l'œuvre si remarquable de Benoit Malon, n'aura pas qu'un peu contribué à ce triomphe que nous souhaitons, que nous voulons et que nous verrons. ROBERT BERNIER. P. S. - Au moment où je revois ces lignes, on me communique de M. Raoul Snell dans le Genevois, un notable article sur le Socialisme

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